Un budget contesté sous le feu des motions de censure
Mardi 27 janvier 2026, l’Assemblée nationale s’apprête à examiner deux nouvelles motions de censure, déposées par la gauche hors PS et l’extrême droite, en réaction à l’utilisation du 49.3 par le gouvernement pour adopter le budget 2026. Une manœuvre qui cristallise les tensions politiques et soulève des questions sur la légitimité démocratique du gouvernement Lecornu.
Un rejet probable, mais des critiques virulentes
Bien que ces motions aient peu de chances d’aboutir, elles reflètent une opposition croissante à la gestion budgétaire du gouvernement. La gauche radicale et l’extrême droite dénoncent un texte qui, selon eux, sacrifie l’écologie et aggrave les inégalités, tandis que le Parti socialiste (PS), après des mois de négociations, se félicite d’avoir obtenu des avancées.
« Huit milliards de recettes de justice fiscale en plus, et 12 milliards de pouvoir d’achat en plus »
C’est ainsi que le PS justifie son refus de soutenir les motions de censure, malgré les critiques de ses alliés de gauche. Une division qui affaiblit le front de l’opposition et facilite le passage en force du budget.
Un budget sous tension
Le projet de loi de finances, déjà adopté en première lecture grâce au 49.3, pourrait être rejeté par le Sénat dès jeudi, ouvrant la voie à une lecture définitive à l’Assemblée. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pourrait alors engager la responsabilité de son gouvernement une troisième fois, s’exposant à de nouvelles motions de censure.
Cette stratégie, bien que techniquement légale, alimente les critiques sur un renoncement démocratique. Le Rassemblement national (RN) et l’Union des démocrates et indépendants (UDI) dénoncent un budget qui ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat et creuse les déficits.
Une opposition fragmentée face à un pouvoir déterminé
La gauche radicale, regroupée autour de La France Insoumise (LFI), des écologistes et du Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR), a obtenu 269 voix lors du premier vote, loin des 288 nécessaires. Le RN et l’UDI, avec 142 voix, ont également échoué. Une fragmentation qui profite au gouvernement, malgré les risques politiques d’une telle utilisation répétée du 49.3.
Alors que les débats sur le budget s’achèvent, la question de la crise de la démocratie locale et de la confiance des citoyens dans les institutions reste entière. Dans ce contexte, le gouvernement Lecornu II semble prêt à forcer le passage de son texte, quitte à alimenter une défiance croissante.