Un budget en péril malgré les concessions
Le gouvernement français se retrouve dans une impasse budgétaire, contraint d'envisager des mesures exceptionnelles pour faire adopter le projet de loi de finances 2026. Après des semaines de négociations stériles, Matignon a reconnu jeudi 15 janvier que le texte ne pourrait être adopté par un vote traditionnel à l'Assemblée nationale.
Le 49.3 comme ultime recours ?
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait jusqu'ici écarté l'utilisation de l'article 49.3, mais la situation semble désormais inévitable. Les services de Matignon ont annoncé des propositions de compromis pour éviter une censure, tout en accusant le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) d'un "sabotage continu".
Un déficit qui explose
Le déficit public atteindrait désormais 5,3% du PIB, dépassant l'objectif initial de 5%. Cette dérive financière s'explique en partie par les blocages répétés à l'Assemblée, où les oppositions radicales multiplient les amendements et les obstructionnismes.
La menace d'une crise institutionnelle
Si le gouvernement devait recourir au 49.3, il s'exposerait à une motion de censure. Une telle issue pourrait fragiliser davantage la majorité présidentielle, déjà affaiblie par les divisions internes et la montée des extrêmes. "Un compromis est encore possible", assure pourtant Matignon, tout en préparant les ordonnances en cas d'échec.
L'Europe observe avec inquiétude
Cette crise budgétaire intervient dans un contexte de tensions accrues avec Bruxelles. La Commission européenne a déjà alerté sur le respect des règles budgétaires, et une nouvelle dérive pourrait entraîner des sanctions.
"La France ne peut se permettre de jouer avec les équilibres financiers", a rappelé un porte-parole de l'UE.
Les oppositions radicales en ordre de bataille
Du côté du RN, on dénonce une "manipulation" du gouvernement pour justifier l'usage du 49.3. Marine Le Pen a appelé à une mobilisation nationale contre cette "dérive autoritaire". De son côté, Jean-Luc Mélenchon accuse le pouvoir de vouloir "passer en force" pour imposer un budget "anti-social".
Un calendrier serré
Le Premier ministre devrait trancher d'ici mardi sur la méthode d'adoption du budget. Une chose est sûre : ce texte, symbole des divisions politiques françaises, marquera durablement le quinquennat d'Emmanuel Macron.