Un budget sous tension
À trois jours d'un premier 49.3 sur les recettes du budget 2026, Sébastien Lecornu se prépare à affronter deux motions de censure, déposées par la France insoumise et le Rassemblement national. Une manœuvre qui illustre les tensions croissantes au sein de l'hémicycle, où la fracture politique ne cesse de s'élargir.
Le 49.3, une décision controversée
Le Premier ministre a engagé la responsabilité de son gouvernement mardi, rompant ainsi la promesse faite en octobre de ne pas recourir à cet article constitutionnel. Une décision perçue comme un reniement par une partie de l'opposition, qui dénonce une dérive autoritaire du pouvoir exécutif.
La France insoumise, le groupe GDR et les écologistes ont réagi en déposant une motion de censure commune, tout comme le RN et l'UDR. Pourtant, malgré cette mobilisation, aucune de ces motions ne devrait aboutir, le Parti socialiste et Les Républicains ayant annoncé qu'ils ne les soutiendraient pas.
Un budget sous le feu des critiques
La gauche hors PS accuse le gouvernement de coupes budgétaires inédites pour atteindre l'objectif de 5 % de déficit. Dans leur motion, ils dénoncent un texte qui renie ses promesses et présente des mesures cosmétiques.
« Les mesures de ce budget présentées comme des compromis ne sont que de la poudre aux yeux », fustige la motion.
Le RN et l'UDR, de leur côté, critiquent un budget qui ne répond pas à la crise du pouvoir d'achat et creuse les déficits sans justice fiscale. Une position qui rejoint celle des syndicats et des associations, qui dénoncent un texte socialement injuste.
Le PS, entre satisfaction et désaccord
Engagé dans des négociations avec le Premier ministre, le Parti socialiste se félicite d'avoir obtenu des avancées, sans pour autant reconnaître pleinement le texte. Bien qu'il regrette l'usage du 49.3, il estime que c'était la moins mauvaise solution face à une majorité parlementaire fragile.
Cette crise budgétaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise des finances publiques, où le gouvernement peine à trouver un équilibre entre rigueur et justice sociale. Une situation qui pourrait bien alimenter les tensions politiques à l'approche des élections de 2027.