Un geste social sous haute tension
Dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions sociales persistantes, le gouvernement Lecornu II tente de redorer son image en annonçant une revalorisation de la prime d'activité. Une mesure qui, bien que saluée par la gauche, suscite des critiques virulentes de la part des syndicats et des observateurs.
Un virage politique opportuniste ?
Vendredi 16 janvier, Sébastien Lecornu a dévoilé une série de mesures censées « faire en sorte que le travail paie plus ». Parmi elles, la hausse de la prime d'activité, un dispositif visant à soutenir les ménages les plus précaires. Une annonce qui intervient alors que le gouvernement fait face à des difficultés budgétaires et à une opposition grandissante.
Initialement, le projet de loi prévoyait un « recentrage sur les travailleurs les plus modestes », une mesure jugée « une erreur » par le Premier ministre lui-même. Un revirement qui laisse penser à une stratégie électorale en vue des échéances de 2027.
3 millions de ménages concernés, mais pour quel impact ?
Selon Matignon, cette revalorisation bénéficierait à plus de 3 millions de foyers, avec une augmentation moyenne de 50 euros par mois. Une somme modeste, mais qui pourrait, selon les partisans du gouvernement, « améliorer le pouvoir d'achat » des travailleurs gagnant entre un SMIC et 1,4 SMIC.
Cependant, les syndicats restent sceptiques.
« Une hausse dérisoire face à l'inflation galopante et aux difficultés croissantes des ménages », dénonce un représentant de la CGT. Une critique partagée par les partis de gauche, qui y voient une « mesure cosmétique » destinée à masquer l'échec des politiques sociales du gouvernement.
Un budget 2026 sous le signe de l'austérité
Cette annonce intervient alors que la France traverse une crise économique profonde, avec des finances publiques fragilisées par les dépenses post-Covid et les tensions géopolitiques. Le coût de cette mesure, estimé à 2 milliards d'euros, pourrait alourdir un budget déjà sous pression.
Du côté de l'opposition, les réactions sont vives. Marine Le Pen dénonce un « cadeau aux assistés », tandis que Jean-Luc Mélenchon accuse le gouvernement de « jouer avec les vies des travailleurs ». Une polarisation qui reflète les divisions d'une France en pleine crise démocratique.
Un enjeu européen et social
Dans un contexte marqué par les réformes sociales en Europe, cette mesure s'inscrit dans une dynamique plus large. La France, souvent critiquée pour son « laxisme budgétaire », tente de se rapprocher des standards européens en matière de protection sociale. Une démarche saluée par Bruxelles, mais qui peine à convaincre les citoyens.
Alors que la guerre des droites fait rage en France, cette annonce pourrait bien devenir un nouvel enjeu politique. Entre promesses électorales et réalités économiques, le gouvernement Lecornu joue un pari risqué, qui pourrait bien se retourner contre lui.