Une ville symbolique sous le feu des projecteurs
À Calais, la bataille municipale prend des allures de référendum politique. Natacha Bouchart, maire depuis 18 ans, incarne une droite modérée sous pression face à l'ascension du Rassemblement national (RN). Dans cette ville marquée par les crises migratoires, le scrutin du 23 mars s'annonce comme un test pour la démocratie locale.
Une maire en quête de légitimité
Natacha Bouchart, ancienne membre des Républicains, mise sur son bilan pour convaincre. Les Calaisiens saluent la rénovation du front de mer et les transports gratuits, mais la gestion de la crise migratoire reste un point noir. "On est bien", résume un habitant, tandis qu'un autre, ancien bénévole auprès des réfugiés, critique ouvertement sa politique.
Le RN en embuscade
Marc de Fleurian, député RN, capitalise sur la frustration locale. Son programme, axé sur la sécurité et l'exclusion des "clandestins" des services publics, séduit. "Je propose un projet d'alternance", martèle-t-il, promettant de "rendre Calais aux Calaisiens". Une rhétorique qui résonne dans une ville où le RN domine les scrutins nationaux.
La gauche en quête de souffle
Marion Lavigne, candidate PC-PS, peine à émerger. "On sent cette vague RN qui arrive", déplore-t-elle. Les divisions à gauche et la désaffection des électeurs traditionnels compliquent sa tâche. Même des sympathisants de gauche envisagent de voter pour Bouchart, par crainte d'un basculement.
Un enjeu national
Cette élection s'inscrit dans un contexte de "guerre des droites" en France. À un an des européennes, Calais devient un laboratoire des stratégies politiques. Le gouvernement Lecornu II observe de près, conscient que l'échec de la droite modérée pourrait renforcer l'extrême droite.
L'Europe en toile de fond
La crise migratoire, pilier du débat, rappelle les tensions avec Bruxelles. La France, engagée dans une politique de fermeté, voit Calais comme un symbole. Les critiques envers la Hongrie et la Turquie, accusées de laisser-faire, alimentent le discours local.