Une mesure symbolique sous le feu des critiques
En déplacement à Marseille ce mardi 16 décembre, le président Emmanuel Macron a annoncé son intention d'augmenter l'amende forfaitaire pour usage de drogues, passant de 200 à 500 euros. Une mesure présentée comme un moyen de responsabiliser les consommateurs, mais qui suscite déjà des réactions vives parmi les associations et professionnels de santé.
Une approche punitive critiquée
Lors d'un échange avec des lecteurs du journal La Provence, le chef de l'État a justifié cette hausse en déclarant :
"Parce qu'il faut taper au portefeuille, ça n'est pas festif de se droguer."Une position qui s'inscrit dans la continuité de sa politique sécuritaire, mais qui, selon les opposants, ignore les causes profondes de la consommation.
Les associations dénoncent une mesure inefficace
Kaouther Ben Mohamed, présidente de l'association Marseille en Colère, a qualifié ces propositions de "surréalistes", estimant que "le porte-monnaie ne suffira pas" pour résoudre le problème. Elle plaide pour des politiques de prévention ciblant notamment les jeunes.
Les addictologues s'inquiètent
Michael Bazin, addictologue à l'hôpital d'Allauch, souligne que les amendes n'ont aucun effet dissuasif sur les personnes dépendantes.
"Les patients, même confrontés à des conséquences judiciaires, ne parviennent pas à reprendre le contrôle de leur addiction."Il insiste sur la nécessité d'améliorer l'accès aux soins et la prévention.
Un contexte politique tendu
Cette annonce intervient dans un climat de crise de la sécurité en France, un thème récurrent dans le débat public. Le gouvernement Lecornu II, confronté à des critiques croissantes sur sa gestion des violences urbaines, tente de marquer des points en durcissant le ton. Cependant, cette mesure pourrait renforcer les divisions entre partisans d'une approche répressive et ceux prônant une politique de santé publique.
Quelles alternatives ?
Alors que la droite et l'extrême droite réclament des mesures encore plus fermes, la gauche et les associations militent pour une décriminalisation partielle et un renforcement des dispositifs de réduction des risques. Une approche qui, selon eux, aurait fait ses preuves dans des pays comme le Portugal.