Congé parental élargi : le Sénat freine l'ambition d'Emmanuel Macron pour la natalité

Par Mathieu Robin 25/11/2025 à 01:27
Congé parental élargi : le Sénat freine l'ambition d'Emmanuel Macron pour la natalité

Le Sénat adopte un congé parental élargi, mais retarde son entrée en vigueur et supprime une clause d'égalité entre parents.

Un congé de naissance sous tension politique

Le Sénat a adopté lundi 24 novembre un nouveau congé de naissance, accordant aux parents jusqu’à deux mois supplémentaires à partir de 2027. Cette mesure, présentée comme un « réarmement démographique » par Emmanuel Macron, suscite des tensions entre majorité et opposition.

Un calendrier contesté

Initialement prévu pour juillet 2027, le texte a été retardé au 1er janvier 2027 par les sénateurs, contre l’avis des députés qui voulaient une entrée en vigueur dès janvier 2026. Cette divergence illustre les tensions persistantes autour des politiques familiales.

Flexibilité vs. égalité des tâches

Les sénateurs ont supprimé une clause imposant aux parents de ne pas prendre simultanément au moins un mois de congé. Une décision critiquée par la gauche, qui y voyait un outil pour rééquilibrer la charge mentale entre les sexes. « C’est une mesure qui renforce l’inégalité structurelle », a déploré Laurence Rossignol (PS).

Financement et inégalités

Le gouvernement prévoit de financer cette mesure en repoussant l’âge de majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans. Mais les sénateurs, soutenus par la gauche, ont rejeté cette mesure, la jugeant injuste pour les familles modestes.

Un congé indemnisé, mais insuffisant ?

L’indemnisation, fixée à 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second, a été saluée comme un progrès. Cependant, des voix s’élèvent pour dénoncer un système qui « pénalise toujours les pères », en raison des écarts de salaire persistants entre hommes et femmes.

Un débat qui dépasse le cadre familial

Cette réforme s’inscrit dans un contexte de crise démographique, mais aussi de tensions budgétaires. Le gouvernement Lecornu II, fragilisé par les critiques sur les finances publiques, tente de concilier attractivité sociale et rigueur économique. Une équation délicate, alors que la gauche accuse la majorité de « sacrifier les familles sur l’autel de l’austérité ».

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (7)

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G

Gradation

il y a 1 mois

Bref, encore une loi qui va rien changer pour nous. On a besoin de solutions réelles, pas de débats de vieux en costard.

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Z

Zénith

il y a 1 mois

La question de l'égalité entre parents est cruciale. Si on veut vraiment encourager la natalité, il faut des mesures concrètes, pas des ajustements politiques.

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D

Diogène

il y a 1 mois

@zenith Des mesures concrètes ? Comme celles qui ont sauvé la natalité dans les pays nordiques ? Parce qu'on en est loin.

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A

Achille

il y a 1 mois

Évidemment, les sénateurs protègent leurs privilèges. Pendant ce temps, les familles galèrent. Le système est pourri jusqu'à la moelle.

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M

Maïwenn Caen

il y a 1 mois

@achille C'est ça, la démocratie : des vieux qui votent des lois pour des jeunes qui n'en veulent pas.

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P

Prophète lucide

il y a 1 mois

Macron veut sauver la natalité... en faisant voter des lois qui ne changeront rien. Le Sénat a juste compris qu'on allait encore dépenser pour des effets d'annonce.

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Z

Zen_187

il y a 1 mois

Le Sénat a raison de vouloir ajuster le texte, mais retarder l'entrée en vigueur et supprimer l'égalité entre parents affaiblit l'ambition initiale. Un compromis était possible.

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