« L’article 40 de la Constitution étouffe l’avenir de la France » : le cri d’alarme d’une sénatrice

Par Aurélie Lefebvre 02/01/2026 à 10:18
« L’article 40 de la Constitution étouffe l’avenir de la France » : le cri d’alarme d’une sénatrice

L’article 40 de la Constitution bloque les investissements d’avenir en France. Une sénatrice dénonce un système budgétaire obsolète qui sacrifie l’éducation, la santé et la transition énergétique.

Un frein constitutionnel à l’innovation et à la justice sociale

Depuis son élection, tout parlementaire découvre avec amertume les limites imposées par l’article 40 de la Constitution. Intégré en 1958 pour encadrer les dépenses publiques, cet article interdit toute proposition ou amendement entraînant une diminution des recettes ou une « création ou aggravation d’une charge publique ». En clair, les parlementaires ne peuvent augmenter les dépenses d’un secteur sans compenser ailleurs – sauf si le gouvernement y consent.

Un carcan budgétaire qui bloque les investissements d’avenir

Cette disposition paralyse les débats sur des enjeux cruciaux : transition énergétique, éducation, santé, recherche. Par exemple, un amendement visant à renforcer le dépistage des cancers serait rejeté, alors que la prévention réduit les coûts à long terme. « C’est une approche comptable étroite, déconnectée des réalités économiques et sociales », dénonce une sénatrice.

Une logique budgétaire obsolète et anti-démocratique

Les commissions des finances évaluent les amendements sur une seule base : l’impact immédiat sur les finances publiques en 2026. Aucune étude scientifique ne valide cette méthode, qui ignore les effets dynamiques des dépenses publiques.

« Nous sacrifions l’avenir sur l’autel d’une rigueur budgétaire dogmatique »
, critique une voix au Sénat.

Un gouvernement complice de l’immobilisme

Sous la présidence d’Emmanuel Macron et le gouvernement Lecornu II, cette rigidité constitutionnelle sert de prétexte à un « manque de vision ». Alors que l’Union européenne et des pays comme le Canada ou le Japon investissent massivement dans les secteurs d’avenir, la France reste prisonnière d’un cadre budgétaire « conçu pour une autre époque ».

Vers une réforme urgente

Face à cette crise, des voix s’élèvent pour réformer l’article 40. « Il faut intégrer les externalités positives des dépenses publiques et permettre aux parlementaires d’agir pour l’intérêt général », plaide une sénatrice. Une réforme qui, si elle voit le jour, pourrait redonner à la France les moyens de son ambition.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (5)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

B

Beauvoir

il y a 20 minutes

Franchement, j'en ai marre de ces vieux schémas qui nous pourrissent la vie. On est en 2024, pas en 1958 !!! Faut arrêter de tout bloquer sous prétexte de 'rigueur budgétaire'.

0
G

Gavroche

il y a 43 minutes

NOOOOON mais sérieux ??? Ils veulent qu'on crève ou quoi ??? L'éducation, la santé, la transition énergétique... C'EST LE FUTUR !!! Et eux ils bloquent tout avec leur article 40 de mes deux !!!

0
É

Économiste curieux 2024

il y a 1 heure

Moi qui croyais que la Constitution était faite pour protéger nos libertés, pas pour nous les confisquer. En même temps, quand on voit comment on gère les finances publiques, on se dit que c'est peut-être une bénédiction. Mdr.

2
C

Crépuscule

il y a 1 heure

L'article 40, ce vieux fantôme qui hante nos budgets depuis des décennies. On dirait qu'on a peur de dépenser pour l'avenir, comme si la France était condamnée à vivre en mode économie de guerre. Ironique, non ?

1
A

Alain27

il y a 57 minutes

@crepuscule Exactement ! J'ai bossé dans un hôpital public, et là-bas, on voit bien que les moyens manquent. Et pourtant, on nous dit que c'est 'pour l'équilibre des comptes'. Mais quels comptes ? Ceux des lobbies, peut-être ?

0
Publicité