La COP30 s'achève dans l'impasse, la France dénonce un accord « inacceptable »
Alors que les négociations de la COP30 entrent dans leur phase finale à Belém, au Brésil, les divisions persistent entre les pays sur la question cruciale des énergies fossiles. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a vivement critiqué vendredi un projet d'accord jugé « inacceptable » par la France et ses partenaires européens.
Un texte climato-sceptique sous la présidence brésilienne
La ministre a souligné l'absence de toute mention claire sur la sortie des énergies fossiles dans le document final.
« La feuille de route pour sortir des énergies fossiles ? Elle n'existe plus là ! [...] On rentre en plénière, on va dire que ce texte est inacceptable »,a-t-elle déclaré devant la presse. Une position partagée par l'ensemble des États membres de l'Union européenne, qui craignent de se retrouver isolés face à des pays moins ambitieux.
L'Europe unie face aux réticences des pays producteurs
La France et ses alliés européens exigent au minimum deux éléments dans l'accord final : la reconnaissance du rôle des énergies fossiles dans le réchauffement climatique et l'engagement à renforcer les contributions nationales pour respecter l'objectif de +1,5°C. Des demandes jugées minimales par Paris, mais qui butent sur l'opposition des pays producteurs comme la Russie, la Chine ou encore la Turquie.
Un sommet sous tension après un incendie et des négociations chaotiques
Retardées par un incendie survenu en début de semaine, les discussions ont été marquées par des tensions entre les pays du Sud, favorables à une transition énergétique plus rapide, et les nations dépendantes des hydrocarbures. La présidence brésilienne, bien que soutenue par la France, peine à trouver un compromis acceptable pour tous.
La France et l'UE en première ligne pour défendre l'accord de Paris
Dans ce contexte, la France, sous la présidence d'Emmanuel Macron, et l'Union européenne jouent un rôle clé pour éviter un échec symbolique. « Notre crainte, c'est d'avoir l'Europe complètement isolée. La bonne nouvelle, c'est qu'on est tous d'accord au niveau européen pour dire que ce n'est pas possible », a ajouté Monique Barbut. Une position qui s'inscrit dans la continuité de la diplomatie climatique française, souvent en pointe sur les questions environnementales.
Un accord final sous haute surveillance
Alors que les dernières heures de négociations approchent, la communauté internationale observe avec inquiétude. Un échec à Belém pourrait affaiblir l'accord de Paris et donner un signal désastreux à quelques mois de la COP31, qui se tiendra en 2025 en France. La pression est donc maximale sur les négociateurs pour trouver un compromis, même minimal.