Un plan d'urgence sous haute tension
En déplacement à la cour d'appel d'Aix-en-Provence, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a dévoilé un plan d'urgence pour éviter la libération de détenus en attente de procès. Une mesure qui soulève des questions sur la gestion des stocks d'affaires criminelles, en pleine crise de la justice française.
Des salles d'audience et des effectifs en renfort
Face à l'engorgement des tribunaux, le garde des Sceaux a annoncé l'aménagement de deux salles d'audience et la création d'une nouvelle salle d'assises d'ici septembre. Un investissement de 2,5 millions d'euros pour juger 26 affaires supplémentaires. Des renforts en effectifs sont également prévus : quatre nouveaux présidents d'assises, dix greffiers et des magistrats honoraires temporaires.
Une réponse insuffisante pour les syndicats
Si le procureur général Jacques Rastoul salue ces mesures comme un « apport d'oxygène », la co-déléguée régionale du Syndicat de la magistrature, Marie-Blanche Régnier, dénonce un simple « saupoudrage ». Elle réclame des effectifs pérennes, alors que la justice française peine à absorber l'augmentation de 22 % des dossiers criminels en 2025.
Un projet de loi controversé en préparation
Gérald Darmanin a confirmé l'examen prochain d'un projet de loi visant à diviser par deux les stocks de dossiers criminels. Un texte qui sera présenté au Conseil d'État ce lundi, puis examiné en mars par le gouvernement Lecornu II. L'objectif affiché : éviter les libérations forcées de détenus en détention provisoire, une perspective jugée inacceptable par le ministre.
Une justice sous pression
Avec une moyenne de 75 mois pour un jugement, la justice française accuse un retard chronique. Dans un contexte de tensions politiques croissantes, ces mesures d'urgence pourraient bien alimenter les critiques sur la gestion du gouvernement face à la crise des institutions.
Un enjeu démocratique
Alors que la France s'interroge sur l'efficacité de ses politiques sécuritaires, cette annonce intervient dans un climat de défiance envers les institutions. Entre promesses gouvernementales et réalités du terrain, la justice reste un terrain de bataille politique, où chaque décision est scrutée.