Un rebondissement judiciaire qui interroge
Le tribunal de Draguignan a prononcé, mardi 27 janvier, la relaxe de David Rachline, maire de Fréjus et figure controversée du Rassemblement national (RN). Cette décision intervient dans le cadre d'une affaire de prise illégale d'intérêts, un dossier mineur mais symbolique pour un parti en quête de respectabilité.
Une victoire en demi-teinte
À sa sortie du tribunal, David Rachline a affiché une satisfaction mesurée :
"Je me bats depuis plusieurs mois pour défendre mon honnêteté, ma probité. Aujourd'hui, elle est clairement avérée. Et j'en suis très heureux."Ces déclarations contrastent avec les doutes persistants sur l'éthique de certains élus du RN, alors que le parti tente de se refaire une image après des années de scandales financiers.
Pourtant, cette relaxe ne suffit pas à effacer les nuages qui planent sur sa carrière. Début décembre 2025, Rachline avait démissionné de son poste de vice-président du RN après une garde à vue dans une autre affaire de favoritisme. Une situation qui illustre les dérives d'un parti toujours en quête de légitimité institutionnelle.
Un contexte politique explosif
Cette affaire survient dans un climat de crise des vocations politiques, alors que le gouvernement Lecornu II tente de restaurer la confiance dans les institutions. La droite française, divisée, voit ses figures montantes fragilisées par des affaires judiciaires à répétition, tandis que la gauche critique une banalisation de l'extrémisme.
Le RN, pourtant en progression dans les sondages, pourrait souffrir de cette image d'amateurisme. "Comment un parti qui prétend gouverner peut-il accepter que ses cadres soient régulièrement mis en cause ?", s'interroge un observateur politique. La question est d'autant plus cruciale que les élections de 2027 approchent, et que le RN mise sur une stratégie de normalisation.
Un maire sous surveillance
David Rachline, désormais candidat aux municipales de Fréjus, devra convaincre les électeurs de sa probité. "Je me lance dans cette campagne de la manière la plus sereine qu'il soit", a-t-il affirmé. Mais dans une ville où le RN a déjà été accusé de clientélisme, cette sérénité pourrait être mise à rude épreuve.
Pour l'instant, le parti a choisi de ne pas le soutenir officiellement, préférant éviter un nouveau scandale. Une prudence qui en dit long sur les défis d'un mouvement qui veut concilier radicalité et pouvoir.