Un engagement politique qui se fait attendre
La décentralisation, promise comme un grand chantier par l'exécutif, reste lettre morte trois ans après les premières annonces. Gérard Larcher, président du Sénat, avait pourtant lancé un avertissement en 2023 : « Des discours on a vu, des propositions on a, maintenant, il faut des actes. »
Promesses non tenues du gouvernement Lecornu
Dès son arrivée à Matignon, Sébastien Lecornu avait affiché sa volonté de relancer ce dossier, pourtant maintes fois évoqué par Emmanuel Macron. Le Premier ministre avait même annoncé un « nouvel acte de décentralisation, de clarification et de liberté locale » avant de lancer une concertation. Les grands axes du projet de loi devaient être présentés le 17 décembre 2025, suivis d'une officialisation début 2026. Rien de tout cela n'a vu le jour.
Un calendrier déraillé par les crises
Le gouvernement a rapidement pris conscience des difficultés à tenir son calendrier. La crise agricole, toujours d'actualité, et les discussions budgétaires pour 2026 ont considérablement ralenti le processus. Les échanges entre ministères se sont révélés particulièrement complexes, notamment sur l'avenir des agences régionales de santé (ARS).
Un sujet qui divise
Le monde de la santé s'est mobilisé après l'annonce de Sébastien Lecornu de transférer une partie des missions des ARS aux départements. Cette proposition, jugée précipité par certains, a suscité des tensions entre les différents acteurs du secteur.
« On ne peut pas réformer la décentralisation en ignorant les réalités du terrain », dénonce un élu local.
La colère des élus locaux
Les collectivités territoriales, déjà en première ligne face à la crise des finances publiques, dénoncent un manque de volonté politique. Pourtant, la décentralisation pourrait être une solution pour redynamiser la démocratie locale, affaiblie par des années de centralisation.
Un enjeu pour 2027
Alors que la campagne pour les élections de 2027 approche, ce dossier pourrait devenir un sujet clé. La gauche, historiquement favorable à une plus grande autonomie des territoires, pourrait en faire un argument fort. À l'inverse, la droite et l'extrême droite, souvent réticentes à toute réforme structurelle, risquent de freiner le processus.