Un avertissement qui divise
La menace de dissolution brandie par le Premier ministre Sébastien Lecornu dans Le Parisien a provoqué des réactions contrastées à l'Assemblée nationale. Alors que certains députés y voient une stratégie de pression, d'autres dénoncent une manœuvre démagogique dans un contexte de crise budgétaire persistante.
Un électrochoc pour faire plier les oppositions
L'exécutif justifie cette menace par la nécessité d'adopter le budget, bloqué par les motions de censure déposées par La France insoumise et le Rassemblement national. Sébastien Lecornu a même demandé à son ministre de l'Intérieur de préparer des élections législatives anticipées, un scénario qui inquiète les observateurs.
"La motion de censure enverrait un signal dramatique au moment où on cherche le compromis et un message encore plus dramatique au vu de la situation politique internationale", a-t-il déclaré.
Des députés sceptiques face à la menace
Du côté des oppositions, les réactions sont vives. Laurent Baumel (PS) rappelle que les députés se détermineront "sur le fond" et non sous la pression. Sandrine Rousseau (Ecologistes) qualifie cette menace de "coup de pression infantilisante", tandis que Jean-Luc Mélenchon lance un défi : "Chiche !".
Le Rassemblement national, par la voix de Jean-Philippe Tanguy, propose quant à lui un retour devant les urnes pour "que les Français choisissent", critiquant un gouvernement incapable de tenir ses promesses.
Un risque réel de dissolution ?
Si les motions actuelles ont peu de chances d'aboutir, le vrai danger résiderait dans une motion de censure déclenchée après l'utilisation du 49.3 pour faire passer le budget. Une hypothèse qui relancerait le débat sur la stabilité institutionnelle en pleine crise politique.
Dans ce contexte, la menace de dissolution apparaît comme un ultime avertissement à l'opposition, mais aussi comme un aveu d'impuissance face à un blocage politique persistant.