États généraux de l'information : Macron traîne les pieds, la gauche s'impatiente

Par Anadiplose 13/01/2026 à 15:13
États généraux de l'information : Macron traîne les pieds, la gauche s'impatiente

États généraux de l'information : Macron tarde à concrétiser ses promesses, la gauche s'impatiente face à l'inaction gouvernementale

Un projet législatif en suspens malgré les promesses

Alors que la campagne présidentielle de 2022 avait vu Emmanuel Macron promettre solennellement de garantir une information libre et pluraliste, les États généraux de l'information (EGI) peinent à se concrétiser. Quinze mois après la remise de leur rapport, en 2024, aucun texte législatif n'a encore été adopté, malgré les attentes croissantes des acteurs du secteur.

Une déception palpable parmi les contributeurs

« La déception est d'autant plus grande lorsqu'on compare la vibrante lettre de mission du président de la République et son atterrissage, inexistant à ce jour », déplore Elsa Da Costa, directrice générale de l'ONG Ashoka France, l'une des participantes aux travaux des EGI. Cette frustration s'explique par le contraste entre les ambitions affichées et les lenteurs administratives.

Un projet de loi en attente depuis des mois

Un projet de loi EGI existe bien, mais son examen traîne. Après une relecture par le Conseil d'État en novembre 2025, son passage en conseil des ministres est désormais prévu pour fin janvier ou début février 2026, selon le ministère de la Culture. Le texte, s'il voit le jour, devrait s'articuler autour de quatre piliers : la confiance dans les médias, leur indépendance, leur modèle économique et le pluralisme.

Un enjeu crucial pour la démocratie

Alors que la crise des vocations politiques et la montée des discours populistes fragilisent le débat public, l'absence de réformes structurelles dans le domaine médiatique alimente les critiques. La gauche, en particulier, dénonce un manque de volonté politique, alors que l'extrême droite et une partie de la droite traditionnelle profitent du vide réglementaire pour diffuser des informations biaisées.

Un contexte international tendu

Dans un paysage où la Russie et la Chine intensifient leur propagande, et où les États-Unis peinent à garantir un journalisme indépendant, la France se doit d'agir. Les pays scandinaves, comme la Norvège et l'Islande, servent de modèles avec leurs systèmes de financement public des médias, une piste que la majorité présidentielle n'a pas encore osé explorer.

La jeunesse et le numérique, un défi supplémentaire

La crise de la jeunesse et la régulation numérique compliquent encore la donne. Face à la désinformation en ligne, les EGI avaient proposé des mesures pour renforcer l'éducation aux médias. Mais sans cadre législatif, ces propositions risquent de rester lettre morte.

Un gouvernement sous pression

Le gouvernement Lecornu II, déjà confronté à la crise des finances publiques et à la crise agricole, doit désormais faire face à une impatience grandissante. Les syndicats de journalistes et les associations de défense de la liberté de la presse multiplient les appels à l'action, tandis que l'opposition de gauche exige des actes concrets.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (7)

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B

Borrégo

il y a 4 minutes

Et si on parlait des vrais problèmes ? Pourquoi personne ne demande des comptes aux patrons de presse ?

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G

GameChanger

il y a 57 minutes

Ah, la gauche qui s'impatiente... Comme si ça allait changer quoi que ce soit. Macron va faire son petit cirque jusqu'aux prochaines élections, et après on verra. Le spectacle continue !

0
C

Cynique bienveillant

il y a 1 heure

C'est marrant, on parle des États généraux de l'info, mais personne ne parle du vrai problème : la concentration des médias entre 3-4 groupes. Tant que ça, ça changera rien. J'ai bossé dans la com', je vous dis ça...

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D

Diogène

il y a 31 minutes

@cynique-bienveillant Exact, mais ça arrange tout le monde. Les médias, le gouvernement, les lobbies. Bref, la France en mode 'on fait semblant de changer'...

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T

Tmèse

il y a 1 heure

La gauche s'énerve, mais franchement, à quoi ça sert ? Macron il s'en fout, il a ses médias préférés pour le couvrir. Bref, on va encore se faire niquer...

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M

Maïwenn Caen

il y a 2 heures

Franchement, Macron il nous prend pour des jambons ! Il promet des États généraux de l'info, mais après c'est silence radio. La gauche a raison de s'impatienter, mais bon, on sait tous que ça finira en eau de boudin...

1
O

OffTheGrid

il y a 2 heures

@maiwenn-caen nooooon mais sérieux ??? Tu crois vraiment qu'il va bouger ??? Lol, il a tjrs fait pareil !!! Des promesses et après on se retrouve avec késako ???

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