Un projet législatif en suspens malgré les promesses
Alors que la campagne présidentielle de 2022 avait vu Emmanuel Macron promettre solennellement de garantir une information libre et pluraliste, les États généraux de l'information (EGI) peinent à se concrétiser. Quinze mois après la remise de leur rapport, en 2024, aucun texte législatif n'a encore été adopté, malgré les attentes croissantes des acteurs du secteur.
Une déception palpable parmi les contributeurs
« La déception est d'autant plus grande lorsqu'on compare la vibrante lettre de mission du président de la République et son atterrissage, inexistant à ce jour », déplore Elsa Da Costa, directrice générale de l'ONG Ashoka France, l'une des participantes aux travaux des EGI. Cette frustration s'explique par le contraste entre les ambitions affichées et les lenteurs administratives.
Un projet de loi en attente depuis des mois
Un projet de loi EGI existe bien, mais son examen traîne. Après une relecture par le Conseil d'État en novembre 2025, son passage en conseil des ministres est désormais prévu pour fin janvier ou début février 2026, selon le ministère de la Culture. Le texte, s'il voit le jour, devrait s'articuler autour de quatre piliers : la confiance dans les médias, leur indépendance, leur modèle économique et le pluralisme.
Un enjeu crucial pour la démocratie
Alors que la crise des vocations politiques et la montée des discours populistes fragilisent le débat public, l'absence de réformes structurelles dans le domaine médiatique alimente les critiques. La gauche, en particulier, dénonce un manque de volonté politique, alors que l'extrême droite et une partie de la droite traditionnelle profitent du vide réglementaire pour diffuser des informations biaisées.
Un contexte international tendu
Dans un paysage où la Russie et la Chine intensifient leur propagande, et où les États-Unis peinent à garantir un journalisme indépendant, la France se doit d'agir. Les pays scandinaves, comme la Norvège et l'Islande, servent de modèles avec leurs systèmes de financement public des médias, une piste que la majorité présidentielle n'a pas encore osé explorer.
La jeunesse et le numérique, un défi supplémentaire
La crise de la jeunesse et la régulation numérique compliquent encore la donne. Face à la désinformation en ligne, les EGI avaient proposé des mesures pour renforcer l'éducation aux médias. Mais sans cadre législatif, ces propositions risquent de rester lettre morte.
Un gouvernement sous pression
Le gouvernement Lecornu II, déjà confronté à la crise des finances publiques et à la crise agricole, doit désormais faire face à une impatience grandissante. Les syndicats de journalistes et les associations de défense de la liberté de la presse multiplient les appels à l'action, tandis que l'opposition de gauche exige des actes concrets.