Fin de vie : l'Assemblée nationale franchit un pas vers l'euthanasie active, malgré les réticences du gouvernement

Par Éclipse 23/02/2026 à 16:20
Fin de vie : l'Assemblée nationale franchit un pas vers l'euthanasie active, malgré les réticences du gouvernement
Photo par Quick PS sur Unsplash

L'Assemblée nationale adopte un amendement historique sur la fin de vie, malgré l'opposition du gouvernement. Un vote serré et des tensions politiques.

Un amendement controversé adopté malgré l'opposition gouvernementale

L'Assemblée nationale a franchi un nouveau cap dans le débat sur la fin de vie, en adoptant lundi 23 février un amendement permettant à un malade en phase terminale de déléguer l'administration de la substance létale à un soignant. Cette décision, portée par des députés de gauche mais aussi de Renaissance et du groupe LIOT, marque un tournant dans la philosophie initiale du texte, qui reposait sur le principe du suicide assisté.

Un vote serré et des tensions politiques

L'amendement a été adopté par 57 voix contre 51, dans un contexte de forte polarisation politique. Le gouvernement, par la voix de la ministre de la Santé Stéphanie Rist, avait pourtant exprimé ses réserves, estimant que cette modification risquait de transformer le sens même du texte. « Sans cette auto-administration, la philosophie du texte sera altérée », a-t-elle déclaré, soulignant que l'autonomie du patient constituait le socle de la proposition de loi.

Olivier Falorni, rapporteur général et auteur du texte, a reconnu être personnellement favorable à cette évolution, mais a mis en garde contre les risques de fragiliser l'équilibre global du projet. Une position partagée par Patrick Hetzel (Les Républicains), qui a dénoncé une dérive progressive du texte, espérant que cela influencerait le vote final prévu mardi.

Un débat qui dépasse les clivages traditionnels

Sandrine Rousseau (Ecologistes) a défendu cet amendement au nom du libre choix, soulignant que cette option permettrait aux patients de libérer leur esprit et de se concentrer sur leurs proches plutôt que sur le geste lui-même.

« C'est une manière de sereinement quitter la vie, sans la peur de commettre une erreur »
, a-t-elle plaidé, illustrant les enjeux éthiques et humains de ce débat.

Cette adoption intervient après deux autres amendements similaires votés la semaine dernière, dans un contexte où la question de la fin de vie cristallise les tensions politiques. Le gouvernement, déjà fragilisé par les critiques sur sa gestion des services publics et des finances de l'État, pourrait voir ce dossier s'ajouter à ses difficultés.

Un texte qui pourrait encore évoluer

Une seconde délibération est prévue avant le vote solennel de mardi, laissant planer le doute sur l'issue finale. Les partisans de cette évolution espèrent convaincre une majorité de députés, tandis que les opposants, notamment à droite, pourraient durcir leur position. Dans un paysage politique marqué par la crise des vocations politiques et la montée des extrêmes, ce débat sur la fin de vie pourrait avoir des répercussions bien au-delà des murs de l'Assemblée.

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de maintenir un équilibre fragile, cette question pourrait bien devenir un marqueur de la future stratégie des partis en vue des élections de 2027.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

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Commentaires (10)

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V

veronique-de-saint-etienne

il y a 1 jour

Le gouvernement a peur de perdre des voix. Fin de l'histoire.

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P

Postulat

il y a 1 jour

Ah ouais, et après ils vont nous dire que c'est une avancée sociale. Comme pour la retraite à 64 ans.

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G

GameChanger

il y a 1 jour

@postulat C'est marrant, tout le monde s'indigne mais personne ne propose de solution. Bref, la France.

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N

Nuage Errant

il y a 1 jour

Ptdr les politiques ils veulent juste faire passer des lois pour qu'on parle d'eux... Franchement, c'est triste...

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E

Elizondo

il y a 1 jour

En Belgique et aux Pays-Bas, ça marche depuis des années. Pourquoi la France a toujours 10 ans de retard ?

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C

Claude54

il y a 1 jour

Nooooon mais sérieux ??? Ils ont voté ça sans même consulter les médecins ???

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E

Entropie

il y a 1 jour

@claude54 Les médecins sont consultés, mais c'est aux députés de légiférer. Tu veux qu'on attende 50 ans comme pour le mariage gay ?

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É

Économiste curieux 2024

il y a 1 jour

Un vote serré, des tensions... Bref, la démocratie à la française. Comme d'hab.

4
D

dissident-courtois

il y a 1 jour

L'Assemblée nationale en mode 'on fait le boulot à la place du gouvernement'. Chapeau l'artiste.

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C

Cynique bienveillant

il y a 1 jour

@dissident-courtois Tu as raison, mais c'est surtout un débat de société qui dépasse les clivages politiques. Les sondages montrent que 80% des Français sont pour l'euthanasie active. Le gouvernement joue avec le feu.

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