Un rejet prévisible, mais lourd de conséquences
Le Sénat a rejeté mercredi 28 janvier 2026 la proposition de loi sur l'aide à mourir, renvoyant le texte à l'Assemblée nationale. Un vote attendu, mais qui cristallise les tensions entre la majorité présidentielle et les oppositions de droite et d'extrême droite.
Un texte vidé de sa substance
Les débats au Sénat ont été marqués par des positions radicales, notamment celles de la droite et de l'extrême droite, refusant toute forme de suicide assisté ou d'euthanasie. Le texte, déjà affaibli par les amendements, a été rejeté en bloc, malgré les appels à la clémence de la gauche et des associations de défense des droits des malades.
« Ce rejet est une trahison des engagements humanistes de notre République. »
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une « obstruction systématique » de la droite, tandis que le gouvernement Lecornu II a regretté un « manque de courage politique ».
La gauche mobilisée pour une deuxième lecture
L'Assemblée nationale reprendra l'examen du texte à partir du 16 février, en deuxième lecture. Les députés de gauche, soutenus par des associations et des citoyens, entendent défendre une version plus ambitieuse, incluant un cadre légal pour l'aide à mourir.
Les oppositions de droite, menées par le Rassemblement National et Les Républicains, ont déjà annoncé leur intention de bloquer toute avancée, au nom de leurs convictions « pro-vie ». Une position critiquée par les défenseurs des droits humains, qui y voient une instrumentalisation politique d'une question de santé publique.
Un enjeu sociétal au cœur des tensions politiques
La question de la fin de vie divise la France depuis des années. Le rejet du Sénat intervient dans un contexte de crise de la démocratie locale et de polarisation politique, où les clivages droite-gauche se renforcent.
Emmanuel Macron, souvent critiqué pour son manque d'engagement sur le sujet, a appelé à un « débat apaisé ». Mais les observateurs soulignent que le gouvernement, affaibli par les crises agricoles et les tensions sociales, peine à imposer son agenda réformiste.
Les associations de patients et les familles de malades appellent à une résolution rapide, craignant que le report du texte ne prolonge inutilement les souffrances.