Fin de vie : le Sénat affaiblit le texte sur l'aide à mourir, dénoncent les députés

Par Anachronisme 20/01/2026 à 14:13
Fin de vie : le Sénat affaiblit le texte sur l'aide à mourir, dénoncent les députés

Le Sénat affaiblit le projet de loi sur la fin de vie, dénoncent les députés. Un texte vidé de sa substance selon l'opposition.

Un texte vidé de sa substance selon l'opposition

Le Sénat a profondément modifié le projet de loi sur la fin de vie, suscitant l'indignation des députés à l'origine du texte. Examiné mardi 20 janvier, le projet initial, qui prévoyait un droit à l'aide à mourir, a été transformé en une simple assistance médicale aux conditions restrictives.

Un principe validé, mais un texte affaibli

Olivier Falorni, député Modem de la Charente-Maritime et à l'origine du texte, dénonce une manœuvre politique :

"Le Sénat a fait semblant de valider le principe d’une aide à mourir, mais en réalité, ils ont vidé le texte de sa substance."

Les sénateurs ont supprimé le droit à l'aide à mourir pour le remplacer par une assistance médicale à mourir, avec des critères stricts : le pronostic vital doit être engagé à court terme. Une restriction qui, selon les critiques, limite considérablement l'accès à cette aide.

Une bataille parlementaire qui se poursuit

Le texte doit maintenant être examiné en seconde lecture à l'Assemblée nationale, probablement en février. Olivier Falorni se dit confiant, mais l'opposition craint que le gouvernement ne cède aux pressions conservatrices.

Cette réforme s'inscrit dans un contexte de tensions politiques accrues, alors que la crise des vocations politiques et la crise de la démocratie locale fragilisent le débat public. Les partisans d'une législation plus progressive dénoncent un recul face aux lobbies conservateurs.

Un enjeu de société toujours clivant

La question de la fin de vie reste un sujet politiquement explosif, divisant la majorité et l'opposition. Alors que la gauche plaide pour une approche humaniste, la droite et l'extrême droite s'opposent à toute libéralisation, au nom de valeurs traditionnelles.

Les associations de patients et les soignants, eux, appellent à un texte plus ambitieux, garantissant un accès équitable à l'aide à mourir. Une bataille qui promet de s'intensifier dans les mois à venir.

À propos de l'auteur

Anachronisme

On nous vend une modernité qui n'est qu'un retour en arrière déguisé. Destruction des services publics, casse du Code du travail, démantèlement de la Sécurité sociale : tout ce que nos grands-parents ont construit est méthodiquement détruit au nom du "progrès". Je refuse cette arnaque. Mon travail consiste à rappeler d'où nous venons pour comprendre où on nous emmène. Et croyez-moi, la destination ne me plaît pas. Je continuerai à documenter ce hold-up démocratique tant que ce sera possible.

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Commentaires (4)

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G

ghi

il y a 1 semaine

Le gouvernement joue la carte de l'émotion avec ce texte, mais le Sénat rappelle que la communication ne remplace pas le fond. Dommage, mais prévisible. Bref, on attend la prochaine étape...

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M

Mortimer

il y a 1 semaine

En 2005, la loi Leonetti avait déjà posé les bases. Aujourd'hui, on tourne en rond. Le débat sur la fin de vie est bloqué par des peurs idéologiques. Quand est-ce qu'on avancera enfin ?

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A

Alexis_767

il y a 1 semaine

Le Sénat affaiblit effectivement le texte, mais est-ce vraiment une surprise ? Les rapports de force politiques sont tels que toute avancée sociétale se heurte à des blocages institutionnels. Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas anticipé ces résistances ?

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C

Crépuscule

il y a 1 semaine

@alexis-767 Franchement, c'est le jeu. Le Sénat a tjrs été le tombeau des réformes. Mais bon, au moins, ça donne du grain à moudre aux éditorialistes pour leurs colonnes...

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