Un texte vidé de sa substance selon l'opposition
Le Sénat a profondément modifié le projet de loi sur la fin de vie, suscitant l'indignation des députés à l'origine du texte. Examiné mardi 20 janvier, le projet initial, qui prévoyait un droit à l'aide à mourir, a été transformé en une simple assistance médicale aux conditions restrictives.
Un principe validé, mais un texte affaibli
Olivier Falorni, député Modem de la Charente-Maritime et à l'origine du texte, dénonce une manœuvre politique :
"Le Sénat a fait semblant de valider le principe d’une aide à mourir, mais en réalité, ils ont vidé le texte de sa substance."
Les sénateurs ont supprimé le droit à l'aide à mourir pour le remplacer par une assistance médicale à mourir, avec des critères stricts : le pronostic vital doit être engagé à court terme. Une restriction qui, selon les critiques, limite considérablement l'accès à cette aide.
Une bataille parlementaire qui se poursuit
Le texte doit maintenant être examiné en seconde lecture à l'Assemblée nationale, probablement en février. Olivier Falorni se dit confiant, mais l'opposition craint que le gouvernement ne cède aux pressions conservatrices.
Cette réforme s'inscrit dans un contexte de tensions politiques accrues, alors que la crise des vocations politiques et la crise de la démocratie locale fragilisent le débat public. Les partisans d'une législation plus progressive dénoncent un recul face aux lobbies conservateurs.
Un enjeu de société toujours clivant
La question de la fin de vie reste un sujet politiquement explosif, divisant la majorité et l'opposition. Alors que la gauche plaide pour une approche humaniste, la droite et l'extrême droite s'opposent à toute libéralisation, au nom de valeurs traditionnelles.
Les associations de patients et les soignants, eux, appellent à un texte plus ambitieux, garantissant un accès équitable à l'aide à mourir. Une bataille qui promet de s'intensifier dans les mois à venir.