Fin de vie : le Sénat enterre l’aide à mourir dans un chaos politique

Par Mathieu Robin 21/01/2026 à 21:16
Fin de vie : le Sénat enterre l’aide à mourir dans un chaos politique

Le Sénat rejette l’aide à mourir dans un vote clivant, vidant la réforme de sa substance et révélant les divisions politiques sur la fin de vie.

Un rejet symbolique qui divise la Haute Assemblée

Le Sénat a marqué, mercredi 21 janvier 2026, un coup d’arrêt brutal à la réforme sur la fin de vie en rejetant l’article-clé d’une proposition de loi visant à instaurer un droit à l’aide à mourir. Ce vote, intervenu dès le deuxième jour des débats, a vidé le texte de sa substance, révélant les profondes divisions politiques sur un sujet de société majeur.

Une majorité fragile face à un sujet clivant

L’article fixant les conditions d’accès à l’euthanasie ou au suicide assisté a été rejeté par 144 voix contre 123. Cette défaite reflète l’opposition frontale d’une droite conservatrice, majoritaire au Sénat, mais aussi celle d’une partie de la gauche, jugeant le texte trop éloigné des dispositions équilibrées adoptées par l’Assemblée nationale en mai 2025.

"Tout le texte est vidé de sens aujourd’hui, car sa clé de voûte est tombée", a regretté Philippe Mouiller (Les Républicains), président de la commission des affaires sociales.

Un débat empoisonné par les divisions

Les critiques ont fusé de toutes parts. Pour le chef des sénateurs socialistes, Patrick Kanner, "le Sénat a fait de ce texte une forme d’agonie politique". De son côté, le centriste Loïc Hervé a défendu la position de ceux qui refusent toute légalisation : "On ne peut pas demander à des sénateurs opposés à l’euthanasie de voter pour un article comme celui-là."

Un processus parlementaire en péril

Alors qu’un vote solennel est prévu le 28 janvier, son issue semble déjà scellée. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a écarté l’idée d’un retrait du texte, estimant qu’il fallait "poursuivre la navette parlementaire". Pourtant, l’Assemblée nationale, où une majorité s’était dégagée en faveur d’un cadre strict, pourrait bien reprendre la main.

Un enjeu de société au cœur des stratégies partisanes

Cette défaite sénatoriale s’inscrit dans un contexte politique tendu, marqué par la crise des vocations politiques et les préparatifs en vue des élections de 2027. La droite, divisée entre modérés et conservateurs, peine à trouver une ligne commune, tandis que la gauche accuse le gouvernement de ne pas assez défendre ses valeurs progressistes.

Dans ce contexte, le président Emmanuel Macron et son Premier ministre Sébastien Lecornu devront arbitrer entre pragmatisme et respect des convictions, alors que l’opinion publique, elle, attend des réponses concrètes sur un sujet qui touche à l’humanité.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (4)

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corbieres

il y a 6 jours

Nooooon sérieux ??? Ils ont peur de quoi ??? Genre les gens veulent juste pas crever comme des chiens... Ptdr la politique française c'est la honte...

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ironiste-patente

il y a 6 jours

Le Sénat a enterré la dignité des mourants. Comme d'hab.

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Robert T.

il y a 6 jours

@ironiste-patente On pourrait aussi dire que le Sénat a respecté le principe de prudence, comme le font d'autres pays comme l'Allemagne où l'euthanasie reste très encadrée. La question n'est pas simple.

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Entropie

il y a 6 jours

@robert-t Je reconnais que t'as pas tort sur l'aspect prudence, mais bon... Quand tu vois des gens souffrir inutilement, t'as envie de leur dire qu'on va les aider. Faut pas non plus faire comme si c'était un détail.

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