Un texte vidé de sa substance
Alors que le Sénat examine depuis ce mercredi 28 janvier 2026 la loi sur la fin de vie, le texte initial, pourtant largement soutenu par les citoyens et les députés, a été totalement vidé de sa substance. L'aide à mourir, mesure phare du projet, a été purement et simplement supprimée par la chambre haute, malgré un soutien massif de l'opinion publique.
Un rejet antidémocratique
Le Dr Denis Labayle, porte-parole de l'association Le Choix - Citoyens pour une mort Choisie, dénonce une attitude antidémocratique du Sénat.
Il y a un fossé énorme entre ce que demandent les citoyens depuis longtemps et la volonté politique, regrette-t-il. En effet, 75% des membres de la convention citoyenne sur la fin de vie avaient plaidé pour une aide active à mourir, tout comme une majorité de députés en 2021 et 2026.
L'influence des lobbies conservateurs
Derrière ce rejet se cachent des lobbies religieux et philosophiques, selon Labayle. Les représentants des cultes catholiques, juifs et musulmans se sont unis pour bloquer toute avancée, rappelle-t-il. Une unanimité troublante, alors qu'ils divergent sur tant d'autres sujets.
Un débat bloqué depuis des années
Le texte initial prévoyait un droit à mourir pour les personnes adultes souffrant de maladies graves, incurables et en phase avancée. Une mesure d'égalité face à la mort, alors que certaines personnes aisées se rendent aujourd'hui à l'étranger pour mettre fin à leurs jours. Mais le Sénat a d'abord édulcoré le texte, avant de le rejeter totalement.
Les arguments fallacieux des opposants
Les détracteurs de l'aide à mourir invoquent des risques d'abus, notamment envers les personnes âgées ou handicapées. Mais où sont les preuves ?, rétorque Labayle.
En Belgique, aux Pays-Bas ou au Canada, où l'aide active à mourir est légale depuis des décennies, aucun massacre d'handicapés n'a été constaté. La vraie dérive, c'est aujourd'hui, dans la clandestinité.
Un gouvernement impuissant ?
Alors que le président Emmanuel Macron et son Premier ministre Sébastien Lecornu avaient promis des avancées sur ce sujet, le blocage persistant interroge. La majorité présidentielle semble incapable de faire passer des réformes sociétales, malgré un soutien populaire clair. Un symptôme d'un système politique de plus en plus déconnecté.