Fin de vie : le Sénat droitier enterre l'aide à mourir dans un chaos politique

Par Renaissance 22/01/2026 à 08:11
Fin de vie : le Sénat droitier enterre l'aide à mourir dans un chaos politique

Le Sénat droitier enterre l'aide à mourir dans un chaos politique. Un amendement de la droite vide le texte de sa substance, malgré les espoirs de l'Assemblée.

Un rejet idéologique sous couvert de débat

Mercredi 21 janvier, le Sénat, dominé par la droite, a définitivement enterré la proposition de loi sur l'aide active à mourir. Un amendement déposé par des sénateurs proches de Bruno Retailleau a vidé de sa substance l'article-clé du texte, le remplaçant par un vague "droit au soulagement de la douleur". Une victoire symbolique pour les opposants à toute forme d'assistance médicale à la fin de vie.

Un texte fantôme vidé de son contenu

Les débats, particulièrement houleux, ont tourné court avec le rejet d'un premier article fixant les conditions d'accès à un dispositif de suicide assisté ou d'euthanasie. Dans la soirée, la droite sénatoriale a achevé le travail en réécrivant entièrement l'article-clé, le vidant de toute substance. "Nous sommes en train de voter un texte qui revient sur la loi Claeys-Léonetti", s'est inquiété le sénateur communiste Pierre Ouzoulias, craignant que cette mesure n'interdise demain l'arrêt de l'hydratation lors d'une sédation profonde.

Une opposition idéologique déguisée

La majorité de la droite et des centristes, dans le sillage de Bruno Retailleau, a voté contre toute forme d'aide à mourir. Pourtant, la ligne tenue jusqu'ici par la majorité sénatoriale militait non pour un rejet pur et simple, mais pour un dispositif strictement encadré. "C'est une mascarade", ont dénoncé plusieurs sénateurs de gauche, accusant leurs collègues de rejeter le texte par conviction religieuse plus que par conviction politique.

Un processus parlementaire bloqué

Le vote solennel prévu mercredi 28 janvier sur l'ensemble de la proposition de loi du député Olivier Falorni n'aura guère de sens, le texte étant désormais amputé de son ossature. La suite du processus risque donc de se dérouler à l'Assemblée nationale, où une nette majorité s'était dégagée en faveur de la réforme. Le gouvernement espère saisir les députés en deuxième lecture dès le mois de février.

Un débat qui dépasse les clivages traditionnels

Cette affaire illustre les tensions croissantes au sein de la majorité sénatoriale, où les divisions sur les questions sociétales se font de plus en plus profondes. Elle révèle également l'influence grandissante des groupes conservateurs au sein des Républicains, prêts à bloquer toute réforme progressiste. "C'est une victoire pour les conservateurs, mais une défaite pour la démocratie", a réagi un observateur politique.

Un enjeu de société toujours d'actualité

Alors que le débat sur la fin de vie reste un sujet sensible en France, cette décision du Sénat risque de relancer les tensions. Les associations de défense des droits des patients et les familles concernées ont déjà annoncé leur intention de poursuivre leur mobilisation. "Ce n'est qu'un recul temporaire", a déclaré une porte-parole d'une association, rappelant que le sujet reviendra inévitablement sur la table.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (10)

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Megève

il y a 6 jours

Les gens sont plus choqués par l'idée de mourir dans la dignité que par l'idée de mourir dans la souffrance. Y'a un truc qui cloche, non ?

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S

Sentinelle républicaine

il y a 6 jours

Quand est-ce qu'on arrêtera de jouer avec la souffrance des gens ?

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D

Douarnenez

il y a 6 jours

En Belgique et en Suisse, ça fonctionne plutôt bien. Pourquoi la France a tant de mal à suivre ? On dirait qu'on a peur de son ombre.

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G

Gradation

il y a 6 jours

Nooooon sérieux ??? Ils ont osé vider le texte ??? Mais pk ils font ça ??? C'est quoi leur problème ??? #Dégoûté

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E

Enlightenment

il y a 6 jours

Ah ouais, donc on peut mourir dans la dignité... mais seulement si t'as les moyens de t'exiler en Suisse. La France, championne du double discours.

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S

Spirale

il y a 6 jours

Le Sénat a une fois de plus montré son conservatisme. Pourtant, 9 Français sur 10 sont favorables à une aide active à mourir. Pourquoi cette peur de légiférer ?

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Max95

il y a 6 jours

@spirale Oui mais t'as vu les chiffres ? 90% de soutien, mais 0% de courage politique. C'est ça le vrai scandale.

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Geoffroy de Hyères

il y a 6 jours

Mouais... Entre les promesses et la réalité, y'a un monde. On va encore attendre 10 ans avant qu'un texte digne de ce nom soit voté. Bof.

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H

Hugo83

il y a 6 jours

Franchement, c'est une honte de voir comment la droite enterre ce débat sous des prétextes religieux. Moi qui ai accompagné ma mère en fin de vie, je sais à quel point c'est crucial d'avoir le choix. #Dignité

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Nolwenn de Nivernais

il y a 6 jours

@hugo83 Je comprends ta colère, mais faut voir que le sujet est hyper clivant. La droite a peur de perdre son électorat traditionaliste. C'est ça le vrai problème.

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