Un record inquiétant
La fraude sociale en France atteint des sommets avec 14 milliards d'euros en 2025, soit un milliard de plus qu'en 2024. Ce chiffre, révélé par les autorités, confirme une tendance alarmante sous le mandat d'Emmanuel Macron. Une hausse qui interroge sur l'efficacité des politiques publiques.
Le travail dissimulé, principal responsable
Plus de la moitié de cette fraude (52 %) provient du travail au noir et dissimulé, notamment dans les secteurs du BTP et de l'hôtellerie-restauration. Les entreprises éphémères, souvent utilisées pour échapper aux contrôles, sont pointées du doigt. Une pratique qui prive les caisses de la Sécurité sociale de ressources vitales.
Des récupérations dérisoires
Sur les milliards détournés, seulement 680 millions d'euros ont été récupérés en 2024. Un chiffre dérisoire qui illustre les difficultés des services de contrôle face à des structures organisées pour échapper aux sanctions.
"On a beaucoup d'organisations du travail en France, avec des donneurs d'ordres et des sous-traitants qui, quelquefois, sont ce qu'on appelle des entreprises éphémères. Et quand elles vont être contrôlées, elles vont avoir tendance à disparaître." — Dominique Libault, président du Haut Conseil du financement de la protection sociale
Des mesures insuffisantes
Le gouvernement a renforcé les contrôles, notamment via des formulaires sécurisés pour les arrêts de travail. Mais pour Frédéric Valletoux, député Horizons, il faut aller plus loin : "Il faut faciliter les échanges de données entre les différents organismes, de manière à faire qu'il y ait une meilleure information de l'ensemble des institutions qui contrôlent."
Une expérimentation controversée
Dès avril 2026, le prélèvement à la source des cotisations sociales sera testé pour certains autoentrepreneurs. Une mesure qui pourrait être généralisée, mais qui soulève des questions sur son efficacité réelle face à la fraude organisée.
Un enjeu politique majeur
Alors que la crise des finances publiques s'aggrave, la fraude sociale devient un sujet brûlant. La gauche dénonce un manque de volonté politique, tandis que la droite et l'extrême droite pointent du doigt les failles du système. Un débat qui s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes.