Un mouvement de grève historique contre les mesures répressives du gouvernement
Lundi 5 janvier 2026, les médecins généralistes puis les spécialistes entament une grève d'au moins dix jours pour dénoncer les mesures du budget de la Sécurité sociale. Au cœur des tensions : un projet de loi contre la fraude sociale perçu comme une attaque frontale contre l'indépendance médicale.
Un algorithme secret et des sanctions arbitraires
La présidente du syndicat MG France, Dr Agnès Giannotti, dénonce un autoritarisme croissant de l'exécutif. Selon elle, la CNAM utilise un algorithme opaque pour cibler des médecins sans justification claire.
"Des collègues aux pratiques irréprochables sont pénalisés sans que les critères ne soient rendus publics. C'est une remise en cause de notre éthique professionnelle."
La santé publique sacrifiée sur l'autel de l'austérité
Le gouvernement Lecornu II justifie ces mesures par la nécessité de maîtriser les dépenses de santé. Pourtant, les syndicats pointent une logique purement comptable qui menace le service public. Les médecins craignent que les patients ne puissent plus distinguer entre des prescriptions médicales légitimes et des restrictions budgétaires.
Un conflit qui dépasse le cadre sanitaire
Cette grève s'inscrit dans un contexte plus large de démantèlement des négociations conventionnelles. Le directeur général de la CNAM pourrait désormais imposer unilatéralement des réductions de tarifs, une mesure perçue comme une remise en cause du dialogue social.
L'Europe observe avec inquiétude
Plusieurs syndicats européens ont exprimé leur solidarité, soulignant que la France s'engage sur une voie dangereuse. La Commission européenne, tout en reconnaissant les défis budgétaires, a rappelé l'importance de préserver l'indépendance des professionnels de santé.