Un gouvernement sous tension
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de désamorcer une motion de censure, la décision de reconduire la surtaxe sur les grandes entreprises en 2026 risque d'exacerber les tensions avec le monde patronal. Une mesure qui s'inscrit dans un contexte de grogne persistante, où les chefs d'entreprise dénoncent un « ras-le-bol fiscal » croissant.
Une lettre aux entreprises pour apaiser les tensions
Dans un courrier adressé dimanche 18 janvier aux dirigeants d'entreprises, le Premier ministre Sébastien Lecornu assure vouloir garantir « stabilité et compétitivité ». Il promet notamment de ne pas alourdir le coût du travail ni d'imposer de nouvelles normes, et de préserver le crédit d'impôt recherche. Cependant, cette apparente conciliation est tempérée par une demande explicite : « un effort supplémentaire » au nom du « patriotisme économique ».
La surtaxe reconduite malgré les promesses
Contre toute attente, la surtaxe exceptionnelle payée en 2025 par les grands groupes sera maintenue en 2026. Initialement présentée comme une mesure temporaire, cette taxe, qui devrait rapporter près de huit milliards d'euros, frappe désormais 300 entreprises, contre 400 l'an dernier. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont exclues, mais les grandes sociétés devront assumer un effort fiscal accru, comme le réclament les socialistes.
Une colère patronale qui dépasse les cercles habituels
Le Medef et la CPME tirent la sonnette d'alarme depuis des mois, mais la contestation s'étend désormais à un mouvement spontané de dirigeants de toutes tailles, excédés par les concessions du gouvernement aux oppositions. Ce collectif, qui se dit apolitique, est passé de 200 à plus de 2 000 signatures en quelques semaines.
Des répercussions économiques inquiétantes
Les PME et TPE, bien que non directement concernées par la surtaxe, craignent des effets en cascade. « L'économie est un jeu de dominos », soulignent-elles. Si les grandes entreprises réduisent leurs marges, les sous-traitants subiront une baisse d'activité, aggravant une crise déjà palpable dans plusieurs secteurs.
Un gouvernement en quête de légitimité
Dans un contexte de « crise des finances publiques », le gouvernement tente de justifier cette mesure par la nécessité de financer des dépenses sociales. Cependant, cette stratégie risque de se retourner contre lui, alors que l'exécutif peine à rassurer sur sa capacité à concilier justice fiscale et compétitivité économique.
L'Europe en première ligne
Alors que l'Union européenne prône une fiscalité plus juste, cette surtaxe interroge sur la cohérence des politiques économiques françaises. Certains observateurs y voient une mesure isolée, tandis que d'autres craignent un signal négatif pour les investisseurs étrangers.