Budget 2026 : la surtaxe des grandes entreprises enflamme la colère patronale

Par Decrescendo 19/01/2026 à 08:10
Budget 2026 : la surtaxe des grandes entreprises enflamme la colère patronale

Budget 2026 : la surtaxe des grandes entreprises enflamme la colère patronale. Le gouvernement Lecornu II maintient une taxe de 8 milliards d'euros, malgré les promesses de stabilité.

Un gouvernement sous tension

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de désamorcer une motion de censure, la décision de reconduire la surtaxe sur les grandes entreprises en 2026 risque d'exacerber les tensions avec le monde patronal. Une mesure qui s'inscrit dans un contexte de grogne persistante, où les chefs d'entreprise dénoncent un « ras-le-bol fiscal » croissant.

Une lettre aux entreprises pour apaiser les tensions

Dans un courrier adressé dimanche 18 janvier aux dirigeants d'entreprises, le Premier ministre Sébastien Lecornu assure vouloir garantir « stabilité et compétitivité ». Il promet notamment de ne pas alourdir le coût du travail ni d'imposer de nouvelles normes, et de préserver le crédit d'impôt recherche. Cependant, cette apparente conciliation est tempérée par une demande explicite : « un effort supplémentaire » au nom du « patriotisme économique ».

La surtaxe reconduite malgré les promesses

Contre toute attente, la surtaxe exceptionnelle payée en 2025 par les grands groupes sera maintenue en 2026. Initialement présentée comme une mesure temporaire, cette taxe, qui devrait rapporter près de huit milliards d'euros, frappe désormais 300 entreprises, contre 400 l'an dernier. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont exclues, mais les grandes sociétés devront assumer un effort fiscal accru, comme le réclament les socialistes.

Une colère patronale qui dépasse les cercles habituels

Le Medef et la CPME tirent la sonnette d'alarme depuis des mois, mais la contestation s'étend désormais à un mouvement spontané de dirigeants de toutes tailles, excédés par les concessions du gouvernement aux oppositions. Ce collectif, qui se dit apolitique, est passé de 200 à plus de 2 000 signatures en quelques semaines.

Des répercussions économiques inquiétantes

Les PME et TPE, bien que non directement concernées par la surtaxe, craignent des effets en cascade. « L'économie est un jeu de dominos », soulignent-elles. Si les grandes entreprises réduisent leurs marges, les sous-traitants subiront une baisse d'activité, aggravant une crise déjà palpable dans plusieurs secteurs.

Un gouvernement en quête de légitimité

Dans un contexte de « crise des finances publiques », le gouvernement tente de justifier cette mesure par la nécessité de financer des dépenses sociales. Cependant, cette stratégie risque de se retourner contre lui, alors que l'exécutif peine à rassurer sur sa capacité à concilier justice fiscale et compétitivité économique.

L'Europe en première ligne

Alors que l'Union européenne prône une fiscalité plus juste, cette surtaxe interroge sur la cohérence des politiques économiques françaises. Certains observateurs y voient une mesure isolée, tandis que d'autres craignent un signal négatif pour les investisseurs étrangers.

À propos de l'auteur

Decrescendo

J'ai couvert les manifestations contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes, les soignants en colère. J'ai vu des CRS charger des infirmières. J'ai vu des préfets interdire des manifestations au mépris du droit. J'ai vu des ministres mentir effrontément à la télévision. Cette violence institutionnelle, je la dénonce sans relâche. On me traite parfois d'extrémiste parce que je rappelle simplement ce que dit la Constitution. Tant pis. Je préfère être un démocrate radical qu'un complice.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (10)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

L

Lucie-43

il y a 1 semaine

8 milliards, et après on s'étonne que l'économie stagne. Pfff...

0
A

Alexandrin

il y a 1 semaine

Encore une mesure qui va se retourner contre ceux qu'elle est censée aider. Mais bon, on verra dans 5 ans...

0
B

Buse Variable

il y a 1 semaine

Les patrons pleurent, les salariés trinquent. Bref, comme d'hab.

0
G

Geoffroy de Hyères

il y a 1 semaine

Mouais... On va encore nous dire que c'est pour le bien commun, mais franchement, qui y croit encore ?

0
W

WaveMaker

il y a 1 semaine

Le patronat a raison de gueuler. Taxer à outrance, c'est tuer la poule aux œufs d'or. Point final.

0
C

corte

il y a 1 semaine

Nooooon sérieux ??? 8 milliards de plus ??? Mais ils veulent nous ruiner ou quoi ??? Les patrons vont partir et après on pleurera...

0
A

Augustin Bocage

il y a 1 semaine

Le gouvernement joue un jeu dangereux en taxant les grandes entreprises. Certes, les recettes fiscales sont alléchantes, mais à quel prix ? Les investissements pourraient se tarir, et avec eux, les emplois. La stabilité fiscale est un facteur clé de confiance...

2
Q

QuantumLeap61

il y a 1 semaine

Ah, la bonne vieille méthode : taxer les riches pour combler les trous. Sauf que cette fois, les riches ont les moyens de partir. Qui gagnera ?

0
M

Marguerite de Corse

il y a 1 semaine

@quantumleap61 Exactement ! Moi j'ai un pote qui bosse dans une boîte qui menace de quitter la France. Ils ont déjà des offres en Belgique. Franchement, c'est pas du bluff.

0
T

Tangente

il y a 1 semaine

8 milliards de plus, et après on s'étonne que les patrons menacent de délocaliser. La boucle est bouclée, vraiment.

3
Publicité