Un projet de loi controversé pour limiter le droit de grève
Jeudi 22 janvier 2026, l'Assemblée nationale examine une proposition de loi visant à suspendre le droit de grève dans les transports publics pendant 30 jours par an. Un texte qui relance le débat sur la conciliation entre liberté de circulation et droits des travailleurs, dans un contexte politique tendu.
Un texte issu d'un Sénat passé sous contrôle de droite
Initialement votée en février 2024 sous l'impulsion de Philippe Tabarot – aujourd'hui ministre des Transports –, cette proposition de loi avait été portée par une majorité sénatoriale dominée par la droite et l'extrême droite. Après une dissolution de l'Assemblée et une crise politique prolongée, le texte revient sur le devant de la scène.
Une adoption en commission sous haute tension
Le 14 janvier, la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire a approuvé le texte avec les voix de La République en Marche (LRM), des Républicains (LR) et de certains soutiens du gouvernement Lecornu II. Une majorité qui a suscité l'indignation des syndicats et de la gauche, dénonçant une atteinte aux libertés fondamentales.
Un débat qui dépasse les clivages traditionnels
Alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu tente de se distancier des positions les plus radicales de la droite, cette proposition de loi s'inscrit dans une stratégie plus large de restriction des droits sociaux. Les opposants rappellent que la France, membre de l'Union européenne, a pourtant ratifié des conventions internationales protégeant le droit de grève.
Les transports publics, enjeu de la démocratie sociale
Pour les défenseurs du texte, il s'agit de garantir la continuité du service public. Mais pour les syndicats et la gauche, cette mesure risque d'affaiblir le dialogue social et de précipiter une privatisation déguisée des transports. Un débat qui s'inscrit dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance croissante envers les institutions.
Un vote symbolique dans un paysage politique fragmenté
Alors que la France se prépare pour les élections de 2027, ce texte pourrait devenir un marqueur idéologique entre une droite en quête de radicalisation et une gauche en reconstruction. Dans un pays où les tensions sociales sont vives, cette proposition de loi pourrait bien exacerber les divisions plutôt que les apaiser.