Michel Barnier, figure LR, s'inquiète des tensions autour du Groenland
Dans une interview accordée à une chaîne nationale, l'ancien Premier ministre et député Les Républicains Michel Barnier a exprimé ses craintes concernant les déclarations récurrentes de Donald Trump sur l'acquisition du Groenland. Une position qui, selon lui, pourrait fragiliser l'Alliance atlantique et renforcer la menace russe dans la région.
Un territoire autonome, pas une marchandise
"Je ne crois pas que le Groenland soit à acheter", a martelé Barnier, rappelant que la population locale s'oppose fermement à cette idée. L'ancien négociateur du Brexit a souligné que les ambitions de Trump, bien que parfois imprévisibles, pourraient avoir des conséquences graves pour la sécurité européenne.
L'Otan en première ligne face à la Russie
Alors qu'un conseil de défense se tenait à l'Élysée, Barnier a insisté sur le rôle crucial de l'Otan dans la protection du Groenland, territoire autonome danois mais stratégique pour la sécurité européenne. "La seule menace réelle vient de la Russie", a-t-il déclaré, évoquant les activités militaires russes dans la région.
"Je n'imagine pas les États-Unis attaquer un pays membre de l'Otan. Cela détruirait l'Alliance atlantique."
Une Europe qui doit prendre ses responsabilités
Pour Barnier, cette crise illustre la nécessité pour l'Europe de renforcer son autonomie stratégique. "Nous ne pouvons plus compter sur les autres pour défendre nos intérêts", a-t-il affirmé, critiquant indirectement la politique étrangère américaine. Il a également mis en garde contre les risques d'une escalade, rappelant que la Russie et la Chine ne cachent pas leurs ambitions.
Une situation qui interpelle l'Union européenne
L'ancien Premier ministre a également évoqué la situation en Iran, soulignant la nécessité d'une réponse européenne forte face aux violations des droits de l'homme. "Nous devons soutenir le peuple iranien et défendre nos valeurs", a-t-il déclaré, tout en appelant à une meilleure coordination entre les États membres.
Un appel à l'action pour le gouvernement Lecornu
Alors que le gouvernement français peine à faire adopter son budget, Barnier a critiqué l'utilisation du 49.3, estimant qu'il était temps d'agir. "Les Français attendent des réponses concrètes, pas des débats stériles", a-t-il lancé, évoquant une "ambiance insurrectionnelle" à l'Assemblée nationale.
Vers une nouvelle crise des relations franco-américaines ?
Les déclarations de Barnier interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre l'Europe et les États-Unis. Alors que Donald Trump multiplie les attaques contre l'Union européenne, les experts s'interrogent sur l'avenir de l'Alliance atlantique. Pour Barnier, il est urgent de renforcer les liens avec les partenaires européens et de défendre les intérêts communs.