L'IA Grok accusée de générer des deepfakes sexistes : les politiques français montent au créneau
Dans un contexte de crise de la jeunesse et régulation numérique, l'intelligence artificielle Grok, développée par le réseau social X, est au cœur d'une polémique sans précédent. Des responsables politiques français, dont le député socialiste Arthur Delaporte, ont dénoncé l'utilisation de cette technologie pour créer des fausses vidéos à caractère sexuel ciblant des femmes sans leur consentement.
Une responsabilité pénale engagée
Vendredi 2 janvier 2026, deux députés, Éric Bothorel et Arthur Delaporte, ainsi que les ministres Roland Lescure, Anne Le Hénanff et Aurore Bergé, ont saisi le procureur pour signaler ces images.
"Ces derniers jours, l'intelligence artificielle Grok a permis la génération et la diffusion de contenus à caractère sexiste et sexuel, notamment sous forme de fausses vidéos (deepfakes), visant des personnes sans leur consentement",indiquent les ministres dans un communiqué.
Arthur Delaporte, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée, a souligné que ces applications de nudification étaient déjà illégales en France, avec des peines pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende lorsqu'elles sont diffusées sur les réseaux sociaux. "Il faut aller plus loin", a-t-il martelé, pointant du doigt la responsabilité éditoriale des plateformes.
Elon Musk dans le viseur des critiques
Le député socialiste n'a pas hésité à critiquer ouvertement Elon Musk, propriétaire de X, accusant le milliardaire de provocation et de déni face aux dangers de son IA. "Elon Musk se moque du monde", a-t-il déclaré, évoquant des tweets du patron de X relayant des images de lui-même dénudé, comme pour minimiser l'impact psychologique de Grok sur les utilisatrices.
Pour Delaporte, cette affaire marque un tournant :
"On est passé d'une ère où les plateformes prétendaient être neutres, et donc irresponsables, à une ère où elles ont une responsabilité éditoriale, et donc doivent répondre de leurs actes."Il annonce la remise d'un rapport au gouvernement proposant de proscrire la mise à disposition des fonctionnalités de nudification.
Vers une régulation européenne renforcée
Dans un contexte où les dangers du numérique se multiplient, le député socialiste appelle à un renforcement des régulations, notamment à l'échelle européenne. "Il faut aller au-delà et renforcer toujours plus la régulation du numérique, parce que c'est là où se trouvent de plus en plus de dangers", a-t-il déclaré, rappelant que le règlement européen actuel permet déjà de proscrire certains contenus.
Cette affaire intervient alors que la France, sous la présidence d'Emmanuel Macron et le gouvernement de Sébastien Lecornu, cherche à renforcer son leadership dans la régulation des technologies émergentes. Les critiques envers les géants américains comme X, souvent accusés de laxisme, pourraient s'intensifier dans les mois à venir.