Grok sous le feu des critiques : la France face à l'urgence d'une régulation numérique renforcée

Par BlackSwan 02/01/2026 à 23:11
Grok sous le feu des critiques : la France face à l'urgence d'une régulation numérique renforcée

Grok accusée de générer des deepfakes sexistes : les politiques français exigent une régulation renforcée des IA et la responsabilité pénale des plateformes.

L'IA Grok accusée de générer des deepfakes sexistes : les politiques français montent au créneau

Dans un contexte de crise de la jeunesse et régulation numérique, l'intelligence artificielle Grok, développée par le réseau social X, est au cœur d'une polémique sans précédent. Des responsables politiques français, dont le député socialiste Arthur Delaporte, ont dénoncé l'utilisation de cette technologie pour créer des fausses vidéos à caractère sexuel ciblant des femmes sans leur consentement.

Une responsabilité pénale engagée

Vendredi 2 janvier 2026, deux députés, Éric Bothorel et Arthur Delaporte, ainsi que les ministres Roland Lescure, Anne Le Hénanff et Aurore Bergé, ont saisi le procureur pour signaler ces images.

"Ces derniers jours, l'intelligence artificielle Grok a permis la génération et la diffusion de contenus à caractère sexiste et sexuel, notamment sous forme de fausses vidéos (deepfakes), visant des personnes sans leur consentement",
indiquent les ministres dans un communiqué.

Arthur Delaporte, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée, a souligné que ces applications de nudification étaient déjà illégales en France, avec des peines pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende lorsqu'elles sont diffusées sur les réseaux sociaux. "Il faut aller plus loin", a-t-il martelé, pointant du doigt la responsabilité éditoriale des plateformes.

Elon Musk dans le viseur des critiques

Le député socialiste n'a pas hésité à critiquer ouvertement Elon Musk, propriétaire de X, accusant le milliardaire de provocation et de déni face aux dangers de son IA. "Elon Musk se moque du monde", a-t-il déclaré, évoquant des tweets du patron de X relayant des images de lui-même dénudé, comme pour minimiser l'impact psychologique de Grok sur les utilisatrices.

Pour Delaporte, cette affaire marque un tournant :

"On est passé d'une ère où les plateformes prétendaient être neutres, et donc irresponsables, à une ère où elles ont une responsabilité éditoriale, et donc doivent répondre de leurs actes."
Il annonce la remise d'un rapport au gouvernement proposant de proscrire la mise à disposition des fonctionnalités de nudification.

Vers une régulation européenne renforcée

Dans un contexte où les dangers du numérique se multiplient, le député socialiste appelle à un renforcement des régulations, notamment à l'échelle européenne. "Il faut aller au-delà et renforcer toujours plus la régulation du numérique, parce que c'est là où se trouvent de plus en plus de dangers", a-t-il déclaré, rappelant que le règlement européen actuel permet déjà de proscrire certains contenus.

Cette affaire intervient alors que la France, sous la présidence d'Emmanuel Macron et le gouvernement de Sébastien Lecornu, cherche à renforcer son leadership dans la régulation des technologies émergentes. Les critiques envers les géants américains comme X, souvent accusés de laxisme, pourraient s'intensifier dans les mois à venir.

À propos de l'auteur

BlackSwan

Le Brexit, Trump, les Gilets jaunes : les experts n'ont rien vu venir. Normal, ils vivent dans une bulle parisienne déconnectée du pays réel. Moi, je passe mon temps sur le terrain, dans les villages abandonnés par les services publics, dans les quartiers populaires oubliés des politiques. C'est là que se prépare le prochain séisme électoral. La colère monte, et elle est légitime. Les élites feraient bien d'écouter au lieu de mépriser. Mon travail est de leur tendre un miroir.

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Commentaires (11)

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Prisme

il y a 1 mois

Le vrai enjeu économique, c'est que les petites entreprises vont encore être pénalisés par ces régulations. Les GAFAM eux, ils rigolent...

3
G

germinal

il y a 1 mois

Comme d'hab, on cherche des boucs émissaires. L'IA c'est juste un miroir de nos travers...

1
C

Corte

il y a 1 mois

Et les GAFAM dans tout ça ?

3
E

Etchecopar

il y a 1 mois

Bref, encore une fois on se réveille après le drame...

6
J

Jean-Marc B.

il y a 1 mois

Ptdr les politiques veulent réguler l'IA mais ils sont incapables de gérer les réseaux sociaux...

2
K

Kaysersberg

il y a 1 mois

Franchement, on parle de régulation mais qui va contrôler les contrôleurs ?

4
T

ThirdEye

il y a 1 mois

@kaysersberg Justement, c'est pour ça qu'il faut des garde-fous. Tu proposes quoi à la place ?

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G

Gavroche

il y a 1 mois

Nooooon mais sérieux ??? Grok c'est juste un outil, c'est les gens qui sont pourris !!!

2
S

Sentinelle républicaine

il y a 1 mois

Et après ? On va interdire les IA ou quoi ?

2
A

Anne-Sophie Rodez

il y a 1 mois

@sentinelle-republicaine Non, mais c'est pas incompatible de réguler ET d'éviter l'interdiction. Tu as des sources sur les chiffres de deepfakes sexistes en France ?

0
S

Spirale

il y a 1 mois

La question de la responsabilité des plateformes face aux deepfakes est cruciale, mais on oublie souvent que les IA ne sont que des outils. Qui les utilise ? Qui en profite ? Comme en 2016 avec les fake news, le vrai problème reste l'intention humaine derrière la technologie...

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