Un rapport accablant sur la surpopulation carcérale en Guadeloupe
Le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a révélé, mardi 20 janvier 2026, des conditions de détention indignes au centre pénitentiaire de Baie-Mahault, en Guadeloupe. Dans ses recommandations en urgence publiées au Journal officiel, le CGLPL dénonce une surpopulation dramatique, avec un taux d’occupation de 251 % à la maison d’arrêt pour hommes.
Plus de 160 détenus dorment sur des matelas posés au sol, parfois même sur des tables ou des réfrigérateurs, faute d’espace. La jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) considère qu’en dessous de 3 mètres carrés par détenu, les droits fondamentaux sont violés.
Des conditions sanitaires déplorables
Le rapport décrit des locaux vétustes, infestés de moisissures, et une absence totale d’intimité dans les espaces sanitaires. Les détenus sont contraints de laver leurs draps dans des lavabos à l’eau froide, faute de buanderie fonctionnelle. Une situation qui rappelle les pires excès du système carcéral français, malgré les promesses de réforme du gouvernement Lecornu.
Violences et négligence envers les mineurs
Entre janvier et septembre 2025, 154 faits de violences ont été recensés, dont dix avec arme. Un détenu a eu la mâchoire fracturée, un autre a été retrouvé le visage ensanglanté. Les mineurs, eux, subissent des fouilles intégrales systématiques et ne reçoivent que quatre heures de cours par semaine, alors que douze heures sont prévues.
Leur cour de promenade est décrite comme indigne, sans abri ni point d’eau, une situation qui interroge sur l’engagement réel du gouvernement en faveur des droits de l’enfant.
Un échec politique sous Macron et Lecornu
Le CGLPL exige des mesures urgentes pour réduire la surpopulation, mais la construction en cours de 300 places supplémentaires ne prévoit aucune salle d’activité. Un symbole de l’incompétence chronique des gouvernements successifs, incapables de garantir des conditions dignes de détention.
La surpopulation carcérale frappe aussi la prison de Basse-Terre, où les détenus ont intégré en novembre une nouvelle maison d’arrêt, trop peu, trop tard pour répondre à l’urgence humanitaire.
Alors que la France se targue d’être un pays des droits de l’homme, ces révélations humilient la République. Comment justifier de telles conditions dans un territoire français, alors que l’Union européenne et d’autres démocraties progressistes ont depuis longtemps abandonné ces pratiques ?