Un texte controversé pour les Jeux d'hiver de 2030
Alors que les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina s'ouvrent le 6 février prochain, l'Assemblée nationale se penche déjà sur ceux de 2030, prévus dans les Alpes françaises. Le projet de loi olympique, adopté au Sénat en juin 2025, est soumis à un vote solennel ce mardi 13 janvier 2026. Ce texte, présenté comme crucial par le gouvernement Lecornu II, suscite des tensions, notamment sur son volet sécuritaire.
Des dérogations qui inquiètent
Le texte prévoit des dérogations en matière d'urbanisme, de logement et de santé, mais c'est surtout le chapitre consacré à la sécurité qui fait débat. La vidéosurveillance algorithmique (VSA), déjà expérimentée lors des JO de Paris 2024, pourrait être prolongée jusqu'en 2027. Cette mesure, rejetée par le Conseil constitutionnel dans un autre cadre, est accusée par la gauche de préparer un glissement vers la reconnaissance faciale.
« Une atteinte disproportionnée aux libertés publiques »
Les députés écologistes dénoncent notamment l'interdiction de paraître pour les personnes jugées menaçantes, ainsi que les pouvoirs élargis aux agents de sécurité privés. La France insoumise s'interroge sur l'urgence d'un tel texte, alors que les Jeux sont encore loin. « Pourquoi légiférer si tôt ? » s'indigne un député.
Un vote sous tension
Le Parti socialiste, bien que critique sur certains aspects, a annoncé voter pour ce texte « d'organisation technique », selon le député Christophe Proença. Si l'Assemblée adopte le projet, une commission mixte paritaire devra trouver un compromis avec le Sénat. Une étape cruciale pour les organisateurs, après les tensions locales et la démission de la directrice des opérations du comité d'organisation en décembre dernier.
Un contexte politique explosif
Ce vote intervient dans un climat politique tendu, marqué par la montée des critiques sur les dérives sécuritaires du gouvernement. La gauche accuse la majorité de profiter des grands événements pour imposer des mesures liberticides, tandis que la droite radicale tente de capitaliser sur les peurs sécuritaires.
Les Alpes, terrain de bataille politique
Les régions alpines, déjà confrontées à des défis environnementaux et économiques, voient ce projet comme une opportunité, mais aussi comme une menace. Les associations locales craignent une militarisation des territoires, tandis que les élus locaux réclament des garanties sur l'impact social et écologique.