Guadeloupe : les « Grands Frères » face à la justice, tandis que la politique locale s’en mêle

Par Camaret 04/02/2026 à 17:22
Guadeloupe : les « Grands Frères » face à la justice, tandis que la politique locale s’en mêle

Procès des « Grands Frères » en Guadeloupe : des élus locaux témoignent, mêlant justice et stratégie politique. Un enjeu pour la démocratie locale.

Un procès qui dépasse le cadre judiciaire

Le procès des « Grands Frères », accusés d’avoir organisé les émeutes urbaines en Guadeloupe en 2021, a pris un tournant politique inattendu. Deux élus locaux, convoqués comme témoins, en ont profité pour défendre leurs positions, voire leurs ambitions électorales. Un mélange des genres qui interroge sur l’indépendance de la justice face aux enjeux politiques locaux.

Des témoignages à charge politique

Parmi les témoins, Ary Chalus, président de la région Guadeloupe et fondateur récent de L’Alliance guadeloupéenne, a saisi l’occasion pour vanter son bilan à la mairie de Baie-Mahault, malgré une condamnation à deux ans d’inéligibilité en 2025. Une décision qu’il conteste en cassation, tout en annonçant sa candidature à la mairie de sa commune.

« Je connais Bwana depuis des années, c’est aussi grâce à lui que Baie-Mahault est la seule ville de France qui a pu baisser la délinquance de 72 % »

Ces déclarations, tenues à la barre, visent à soutenir Frédéric Dumesnil, surnommé « Bwana », accusé d’avoir organisé des barrages et d’avoir incendié le bâtiment du Service pénitentiaire d’insertion et de probation en novembre 2021. Un témoignage qui soulève des questions sur l’impartialité des acteurs politiques dans un procès aussi sensible.

Une justice sous influence ?

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de restaurer l’autorité de l’État dans les Outre-mer, ce procès rappelle les tensions persistantes entre les élites locales et les institutions centrales. La Guadeloupe, comme d’autres territoires ultramarins, souffre d’un défaut de représentation politique et d’une crise de légitimité des élus, souvent accusés de clientélisme.

Dans ce contexte, la défense d’Ary Chalus pour un accusé des émeutes de 2021 peut être interprétée comme une stratégie pour mobiliser son électorat, notamment parmi les jeunes et les populations défavorisées, souvent en conflit avec les forces de l’ordre. Un calcul politique qui pourrait se révéler payant à l’approche des municipales.

Un enjeu national

Ce procès s’inscrit dans un débat plus large sur la crise de la démocratie locale, particulièrement aiguë dans les DOM-TOM. Alors que le gouvernement tente de renforcer les liens avec les territoires ultramarins, les tensions locales persistent, alimentées par un sentiment d’abandon et une défiance envers les institutions.

La présence d’élus en campagne à la barre des témoins illustre cette porosité entre justice et politique. Un phénomène qui, selon les observateurs, pourrait se généraliser à l’approche des élections de 2027, où la gauche espère capitaliser sur les frustrations locales pour regagner du terrain face à une droite divisée.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (4)

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Diogène

il y a 2 semaines

Quand la politique s'invite dans un procès, c'est la démocratie qui prend un coup dans la gueule.

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N

Nolwenn de Nivernais

il y a 2 semaines

Ce procès montre bien le problème de fond : en Guadeloupe, la justice est perçue comme un outil de contrôle politique. Les élus locaux ont intérêt à rester neutres, mais c'est rarement le cas. Bref, ça va encore nourrir les tensions...

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P

Poséidon

il y a 2 semaines

Les Grands Frères en procès, les élus qui s'en mêlent... Comme d'hab, la justice devient un terrain de jeu politique. Franchement, on est en train de faire quoi là ?

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W

WordSmith

il y a 2 semaines

@poseidon ouiii exactement !!! Les politiques ils font tjrs ça, genre "moi je suis pour la justice" mais en vrai c'est juste pour leur image... pfff

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