Un discours écologiste sous haute surveillance
Jeudi 5 février 2026, le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a tenté de redorer l’image de son parti sur la question écologique lors du World Impact Summit à Paris. Une intervention qui a suscité des réactions mitigées, voire sceptiques, parmi les professionnels de la transition énergétique.
Un virage stratégique pour le RN
Face à la montée des enjeux climatiques et à la sensibilité croissante des Français sur ces questions, le RN, longtemps associé au climatoscepticisme, a tenté de se réinventer. « L’écologie, c’est d’abord l’amour du beau », a lancé Bardella, cherchant à séduire un électorat jeune et urbain.
Des propositions jugées « très creuses »
Si le discours a marqué un tournant rhétorique, les solutions proposées restent ancrées dans la doctrine traditionnelle du parti. « On a besoin de relocaliser pour rapatrier les usines », a-t-il affirmé, évoquant aussi le « patriotisme économique » et le soutien au photovoltaïque – à condition que les panneaux soient fabriqués en France.
Pourtant, les professionnels présents n’ont pas été convaincus.
« Dire que l’écologie c’est l’amour du beau, c’est très creux et ça ne donne pas de solutions concrètes », a critiqué une participante. Un autre a ironisé :
« Je m’attendais à pire, mais je ne suis pas sûr qu’il comprenne le sujet ».
L’hypocrisie du RN pointée du doigt
Gabriel Attal, ministre de l’Économie et des Finances, n’a pas tardé à réagir, qualifiant d’« hypocrisie » la posture écologique du RN. Une critique qui s’inscrit dans un contexte plus large de « guerre des droites », où le parti tente de capter un électorat modéré tout en conservant sa base traditionnelle.
Alors que le gouvernement Lecornu II accélère sa transition énergétique, le RN peine à convaincre sur un sujet où la gauche et les écologistes dominent le débat. Un défi de taille pour un parti qui mise sur 2027.