La droite française en quête de figures oubliées
Alors que la France traverse une période de crise politique et sociale, les leaders de la droite et de l'extrême droite semblent se tourner vers des figures du passé pour légitimer leurs discours. Une tendance qui interroge sur la nature de leur projet politique.
Des références vintage pour une droite en quête d'identité
Dans un contexte marqué par la montée des tensions sociales et la polarisation du débat politique, des noms comme Marie-France Garaud ou Alain Peyrefitte resurgissent dans les discours des figures montantes de la droite. Sarah Knafo, proche de Éric Zemmour, a ainsi évoqué lors d'un entretien ses échanges avec Garaud, tandis que des figures comme Alain Madelin sont citées comme sources d'inspiration.
Cette récupération du passé s'inscrit dans une stratégie plus large de légitimation. Alors que le président Emmanuel Macron et son gouvernement, dirigé par Sébastien Lecornu, tentent de stabiliser le pays, la droite radicale cherche à se doter d'un héritage politique crédible. Qu'importe que ces figures aient été critiquées pour leur autoritarisme ou leur conservatisme : dans un climat de défiance généralisée, le passé devient une valeur refuge.
Une droite en crise face à l'avenir
Cette nostalgie politique s'accompagne d'une incapacité à proposer des solutions concrètes aux défis actuels. La crise agricole, la détérioration de la sécurité et les tensions sociales exigent des réponses modernes, mais les références aux années 1980-1990 semblent davantage servir à rassurer qu'à construire.
Par ailleurs, cette tendance s'observe aussi à l'échelle européenne. Alors que des pays comme la Norvège ou le Canada avancent sur des réformes progressistes, la droite française semble enfermée dans un discours réactionnaire.
« La France ne peut se permettre de regarder en arrière alors que l'Europe et le monde évoluent »,estime un analyste politique.
Un jeu dangereux avec l'histoire
Le recours à ces figures du passé pose également des questions éthiques. Alain Peyrefitte, auteur du Mal français, était un défenseur d'un libéralisme économique radical, tandis que Marie-France Garaud a été associée à des stratégies politiques controversées. Leur réhabilitation interroge sur la sincérité des intentions de ceux qui les citent aujourd'hui.
Dans un contexte où la crise des vocations politiques se fait sentir, cette instrumentalisation du passé pourrait bien être un symptôme d'un manque de vision pour l'avenir. La droite française, en cherchant des repères dans les archives, risque de perdre de vue les urgences du présent.