La fonction publique dans le viseur : le retour des économies controversées

Par Anadiplose 24/01/2026 à 09:14
La fonction publique dans le viseur : le retour des économies controversées

La fonction publique française dans le viseur : retour sur les économies controversées et les tensions politiques autour du non-remplacement des fonctionnaires.

Un débat qui traverse les époques

Le 6 décembre 2025, le Sénat a relancé le débat sur la maîtrise des effectifs dans la fonction publique en proposant le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Une mesure inspirée de l’ère Sarkozy, mais qui, cette fois, a été défendue par le gouvernement Lecornu II sous la présidence d’Emmanuel Macron.

Une tradition politique française

L’idée de réduire les effectifs publics n’est pas nouvelle. Dès 1793, Saint-Just dénonçait déjà la prolifération des « 20 000 sots » dans l’administration, accusés de corrompre la République. Une critique alors plus politique qu’économique, mais qui préfigure les débats actuels.

« La France est un pays extrêmement fertile, on y plante des fonctionnaires, et il y pousse des impôts. » — Georges Clemenceau

Au fil des siècles, l’argument budgétaire a pris le pas sur les considérations politiques. Clemenceau, puis Alain Juppé en 1996, ont tous deux pointé du doigt la « mauvaise graisse » de la fonction publique, un discours qui résonne encore aujourd’hui.

Un enjeu budgétaire et politique

La crise des finances publiques, aggravée par les dépenses post-pandémie et les tensions économiques, place la fonction publique au cœur des débats. Le gouvernement Lecornu justifie cette mesure par la nécessité de réduire le déficit, tandis que l’opposition y voit une attaque contre le service public.

La gauche, menée par Jean-Luc Mélenchon, dénonce une « logique d’austérité » qui fragiliserait les services essentiels. Un argument qui trouve un écho particulier dans les DOM-TOM, où les effectifs publics sont souvent vitaux pour les populations.

Un contexte international tendu

Alors que la France s’engage aux côtés de l’Union européenne pour renforcer la cohésion sociale, cette réforme pourrait être perçue comme un recul par les partenaires européens. La Norvège et l’Islande, modèles de gestion publique efficace, pourraient servir de contre-exemples aux critiques de la droite.

Par ailleurs, la crise agricole et politique sanitaire rappelle l’importance d’une administration réactive. Des secteurs où les coupes budgétaires pourraient avoir des conséquences directes sur la qualité des services rendus.

Une mesure contestée

Le recours au 49.3 pour faire passer cette réforme a suscité des critiques, notamment de la part des syndicats et des associations de défense des services publics. Une opposition qui s’inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les citoyens se sentent de plus en plus éloignés des décisions politiques.

Alors que la guerre des droites en France s’intensifie, cette mesure pourrait bien devenir un enjeu clé pour les élections de 2027. Un sujet qui divise déjà les partis, entre ceux qui prônent l’austérité et ceux qui défendent l’investissement public.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (9)

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Carnac

il y a 4 jours

Les économies, d'accord, mais il faudrait d'abord expliquer où passe l'argent. Les gaspillages dans les marchés publics, les doublons administratifs... Personne n'en parle jamais. @mortimer, tu as des infos là-dessus ?

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Z

Zeitgeist

il y a 4 jours

Le vrai problème, c'est que ces économies sont toujours mal ciblées. Au lieu de réduire les effectifs, pourquoi ne pas rationaliser les dépenses ? La France dépense 10% de son PIB pour les salaires de la fonction publique, comme l'Allemagne, mais avec des résultats bien moins bons. Pourquoi ?

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B

Borrégo

il y a 4 jours

@zeitgeist Ah ouais ? Et du coup, qui va payer la facture quand les services publics s'effondreront ? Les mêmes qui paient déjà l'impôt ?

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Lacannerie

il y a 4 jours

Encore... Toujours les mêmes qui trinquent. Moi j'ai bossé 20 ans dans l'administration, et franchement, c'est toujours la même rengaine. On nous promet monts et merveilles, et après, c'est à nous de gérer la merde. Bref.

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WaveMaker

il y a 4 jours

@lacannerie Exact. La fonction publique, c'est le bouc émissaire idéal. On va encore entendre parler de 'rigueur' pendant 5 ans. Point final.

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Logos

il y a 4 jours

Noooon mais sérieux ??? Ils veulent supprimer des postes dans l'éducation nationale ??? Mais c'est déjà la galère dans les classes !!!! #scandale

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Loïc-29

il y a 4 jours

En 2017, le non-remplacement avait été appliqué à 50% des départs. Résultat : des services publics sous tension, surtout dans les territoires ruraux. La Suède a testé ça dans les années 90, et ça a fini en catastrophe. On apprend rien, ou quoi ?

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Le Dubitatif 2022

il y a 4 jours

@loic-29 Mouais, mais bon... La fonction publique française est un monstre bureaucratique. Faut bien faire des économies quelque part, non ?

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Le Chroniqueur

il y a 4 jours

Le non-remplacement des départs dans la fonction publique, c'est une vieille rengaine. Mais cette fois, est-ce que le gouvernement a vraiment les moyens de ses ambitions ? @loic-29, tu as des chiffres sur l'impact réel des précédentes réformes ?

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