Une réforme de l’État sous influence conservatrice
La question de la réforme de l’État en France suscite un débat politique intense, alors que la droite et l’extrême droite semblent dominer le sujet. Une conférence organisée récemment autour d’un « Manifeste pour un DOGE de gauche » a relancé le débat, mettant en lumière les risques d’un monopole conservateur sur cette question cruciale.
Un héritage idéologique contesté
Le concept de DOGE (Département de l’efficacité gouvernementale), inspiré du modèle américain mis en place en 2025 sous la présidence de Donald Trump, est au cœur des discussions. Piloté initialement par Elon Musk, ce département visait à traquer le « gaspillage » dans l’administration, une approche souvent critiquée pour son manque de nuance.
En France, la droite et l’extrême droite ont déjà fait de la réforme de l’État un cheval de bataille. Lors de la campagne présidentielle de 2022, Valérie Pécresse, candidate LR, proposait un « comité de la hache » pour réduire l’administration. Plus récemment, Eric Ciotti, figure montante de l’Union des droites pour la République, a adopté un discours radical, brandissant une tronçonneuse en référence à Javier Milei, président argentin connu pour ses attaques contre la bureaucratie.
La gauche face à un défi stratégique
Dans ce contexte, la gauche française est appelée à se positionner clairement. Alexandre Pointier, inspecteur des finances et auteur du manifeste, souligne la nécessité d’une réforme progressiste de l’État, capable de concilier efficacité et justice sociale. «
L’État ne doit pas être un outil de réduction des dépenses publiques, mais un levier pour une société plus équitable.», affirme-t-il.
Alors que le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, navigue entre réformes libérales et attentes sociales, la gauche peine à proposer une alternative crédible. Les critiques pointent du doigt un manque de vision à long terme, alors que la droite radicalise son discours.
Un enjeu européen et international
La réforme de l’État ne se limite pas aux frontières françaises. Des modèles comme ceux du Brésil ou du Canada, où l’efficacité administrative est allée de pair avec une protection des services publics, pourraient inspirer la gauche française. À l’inverse, les dérives autoritaires observées en Hongrie ou en Turquie servent d’avertissement sur les dangers d’une réforme mal maîtrisée.
Alors que la France s’interroge sur son avenir institutionnel, la question reste entière : la gauche saura-t-elle proposer une réforme de l’État qui ne soit pas le simple miroir des idées conservatrices ?