L'avatar anti-extrémisme détourné par l'extrême droite britannique : un échec symbolique du gouvernement

Par Camaret 27/01/2026 à 10:05
L'avatar anti-extrémisme détourné par l'extrême droite britannique : un échec symbolique du gouvernement

Amelia, avatar anti-extrémisme détourné par l'extrême droite britannique, symbolise l'échec des outils gouvernementaux face à la haine en ligne.

Un outil de prévention transformé en symbole de haine

Initialement conçu pour lutter contre l’extrémisme, l’avatar Amelia, créé par le ministère de l’Intérieur britannique, est devenu une icône des réseaux sociaux d’extrême droite. Ce personnage, né d’un jeu éducatif financé par l’État, est désormais utilisé pour propager des discours racistes et xénophobes, illustrant les limites des stratégies gouvernementales face à la montée des radicalismes.

De l’éducation à la propagande haineuse

Amelia était censée incarner le rôle négatif dans Pathways, un jeu vidéo destiné aux adolescents pour les sensibiliser aux dangers de l’extrémisme. Pourtant, ce personnage aux cheveux violets, arborant fièrement un Union Jack, a été récupéré par les milieux d’extrême droite pour promouvoir des idées anti-immigration et islamophobes.

"Hello, I am Amelia and I love England."

Cette phrase, initialement neutre, est désormais associée à des messages haineux. Dans une vidéo virale, Amelia se présente déguisée en agent de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), promettant d’expulser les migrants du Royaume-Uni. Une récupération qui interroge sur l’efficacité des outils gouvernementaux face à la désinformation.

Une viralité inquiétante

Avec plus de 57 000 abonnés sur X, anciennement Twitter, Amelia est devenue une figure médiatique. Des cryptomonnaies lui sont même dédiées, retweetées par des personnalités controversées comme Elon Musk. Cette viralité souligne la facilité avec laquelle les discours extrémistes se propagent, malgré les efforts des institutions.

En France, où la crise de la sécurité et la guerre des droites alimentent les débats politiques, cet exemple britannique rappelle l’urgence d’une réponse européenne coordonnée contre les dérives extrémistes. Le gouvernement Lecornu II, confronté à des défis similaires, pourrait s’inspirer de cette affaire pour renforcer ses dispositifs de prévention.

Un échec symbolique pour le Royaume-Uni

Ce détournement illustre les limites des approches purement technologiques dans la lutte contre l’extrémisme. Alors que le gouvernement britannique investit dans des outils numériques, l’extrême droite prouve sa capacité à instrumentaliser ces mêmes technologies. Une leçon pour l’Union Européenne, où les discours de haine gagnent du terrain.

Dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les institutions, cet épisode interroge sur la nécessité d’une éducation civique renforcée, capable de résister aux manipulations en ligne. La France, engagée dans une stratégie des partis pour 2027, devra tirer les enseignements de ce cas britannique pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (2)

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Patrick du 67

il y a 1 jour

Là, c'est la preuve que le gouvernement a les bras trop courts. On dépense des millions pour rien, et les extrémistes en rigolent. Franchement, c'est la honte !

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Trégastel

il y a 1 jour

@patrick-du-67 C'est sûr, mais bon, qui croyait vraiment que ça marcherait ? Les réseaux sociaux, c'est le Far West, et les politiques font semblant de rien voir...

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