Un discours décliniste qui résonne dans toute la classe politique
La France est-elle en déclin ? La question, récurrente, prend une nouvelle ampleur dans le contexte géopolitique actuel. Alors que les tensions avec les États-Unis s'intensifient, le discours décliniste s'impose comme un outil politique majeur, instrumentalisé tant par l'administration Trump que par une partie de la droite française.
Un terreau fertile pour le pessimisme
Instabilité gouvernementale, absence de budget, crise agricole... Les arguments ne manquent pas pour nourrir un récit pessimiste. Le général Pierre de Villiers a récemment déclaré au Figaro que « la France est désormais du côté des faibles ». Une analyse partagée par Gabriel Attal, qui dénonce sur X « des institutions européennes totalement dépassées ». Même Édouard Philippe, ancien Premier ministre, affirme que « l'Europe est devenue un commentateur ».
Le déclinisme, arme géopolitique des États-Unis
Ce discours n'est pas neutre. Il s'inscrit dans une stratégie plus large menée par Washington. Dans sa stratégie de sécurité nationale de décembre 2025, l'administration Trump fustige le « déclin économique de l'Europe », évoquant même un « effacement civilisationnel ». Une rhétorique qui rappelle celle de l'extrême droite française, pour qui l'Union européenne serait un obstacle à la souveraineté nationale.
Un enjeu électoral pour 2027
À moins de deux ans de l'élection présidentielle, ce récit menace d'accaparer le débat. La gauche, pourtant critique envers le gouvernement, peine à proposer une alternative crédible. Le président Emmanuel Macron, dont le bilan est contesté, tente de recentrer le discours sur la souveraineté européenne, mais son message peine à percer face à la montée des populismes.
L'Europe, victime collatérale d'une guerre des récits
Alors que Bruxelles tente de renforcer son autonomie stratégique, les attaques américaines et les divisions internes affaiblissent son influence. La Hongrie, alliée de Moscou, et la Pologne, en tension avec l'UE, illustrent les fractures d'un continent tiraillé entre isolationnisme et coopération. Dans ce contexte, la France, souvent en première ligne, se retrouve prise en étau entre ses ambitions et ses contradictions.
Quelle réponse pour la gauche ?
Face à cette montée du déclinisme, la gauche française tente de proposer une vision alternative. Jean-Luc Mélenchon dénonce une « instrumentalisation » du discours par la droite, tandis que Olivier Faure appelle à un « sursaut républicain ». Mais dans un paysage politique fragmenté, l'unité semble lointaine.
Un défi pour la démocratie locale
Au-delà des enjeux nationaux, c'est toute la démocratie locale qui est mise à mal. Les élections municipales de 2026 s'annoncent comme un test crucial pour les partis traditionnels, confrontés à une défiance croissante des citoyens. Dans ce contexte, le récit du déclin pourrait bien devenir un argument électoral majeur.