Un drame qui divise la classe politique
La mort de Quentin Deranque, militant du mouvement identitaire Némésis, lors d'une conférence à Sciences Po Lyon, a provoqué une onde de choc politique. Alors que les premières conclusions du procureur pointent du doigt un groupuscule antifasciste, la Jeune Garde, les réactions politiques s'entrechoquent.
Condamnation unanime, mais récits divergents
Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis et figure de l'Après, a exprimé sa condamnation ferme de la violence, tout en mettant en garde contre une instrumentalisation politique du drame.
« Je condamne la violence, mais je n'épouse pas le récit de gens qui se font connaître depuis des années comme étant violents, xénophobes. »
Le député, ancien membre de La France insoumise, a souligné le caractère provocateur des groupes d'extrême droite à Lyon, rappelant la dissolution du Bastion, un groupuscule violent.
L'extrême droite en quête de victimisation
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a rapidement désigné l'« ultra-gauche » comme responsable, une accusation reprise par Emmanuel Macron. Pour Corbière, cette rhétorique rappelle les stratégies de diversion de l'extrême droite, cherchant à normaliser son discours en désignant la gauche comme seule source de violence.
« On voit bien avec ICE aux États-Unis que ces milices d'extrême droite sont extrêmement violentes. Attention au récit politique qu'il y a derrière. »
Un contexte politique explosif
La dissolution de la Jeune Garde l'an dernier, sous l'impulsion de Bruno Retailleau, avait déjà alimenté les tensions. Corbière y voit une manœuvre politique visant à stigmatiser la gauche plutôt qu'à lutter contre l'extrême droite.
« Ce qu'ils veulent faire, c'est installer l'idée que l'extrême droite ne serait plus violente, que le diable, c'est la gauche. »
La gauche en première ligne
La France insoumise, mais aussi d'autres forces de gauche, sont directement visées par cette affaire. Corbière dénonce une campagne de diabolisation orchestrée par la droite et l'extrême droite, dans un contexte de montée des tensions à l'approche des élections de 2027.
« Il y a La France insoumise, mais pas seulement, qui en prend plein la figure. »
Un appel à la vigilance
Alors que les investigations se poursuivent, Corbière appelle à la prudence face aux récits politiques. « Je fais confiance à la police et à la justice », a-t-il déclaré, tout en critiquant les déclarations hâtives de Darmanin et Nuñez.
Dans un climat de crise sécuritaire et de polarisation politique, cette affaire pourrait bien devenir un enjeu majeur des prochains mois.