Mercosur : la gauche française divisée face aux motions de censure contre le gouvernement

Par Apophénie 10/01/2026 à 12:22
Mercosur : la gauche française divisée face aux motions de censure contre le gouvernement

La gauche française divisée face aux motions de censure sur le Mercosur : le PS tempère, LFI et RN attaquent le gouvernement

Un débat houleux à l'Assemblée nationale

Alors que le Parlement européen a validé l'accord de libre-échange avec le Mercosur, les tensions politiques en France s'intensifient. Le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) ont annoncé leur intention de déposer des motions de censure pour contester la gestion française de ce dossier européen. Une initiative qui divise la gauche, notamment au sein du Parti socialiste (PS).

Arthur Delaporte, député PS du Calvados, tempère les ardeurs

Interrogé sur cette question, Arthur Delaporte a exprimé des réserves quant à la pertinence de telles motions. "Je ne suis pas certain que des motions de censure sur ce sujet spécifique du Mercosur doivent être votées", a-t-il déclaré. Le socialiste souligne que son parti n'a pas encore tranché collectivement sur cette question.

Un gouvernement sous pression

Pourtant, la menace d'une motion de censure pèse lourdement sur l'exécutif. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a même demandé au ministre de l'Intérieur de préparer des élections législatives anticipées en cas de censure. Une source proche de l'Élysée a confirmé qu'une dissolution du gouvernement serait envisagée.

La gauche face à ses contradictions

Arthur Delaporte a réagi avec fermeté à cette menace : "On est assez peu sensible à ces coups de pression, ces espèces de chantage". Il affirme ne pas craindre un retour aux urnes, mais souligne que la tripartition politique actuelle pourrait perdurer, notamment jusqu'en 2027. "Une dissolution ne changerait pas la nécessité de chercher des accords à l'Assemblée nationale", ajoute-t-il.

Le budget 2026, priorité absolue

Pour le député socialiste, les motions de censure sur le Mercosur sont prématurées. "Le budget devrait être la priorité des parlementaires", insiste-t-il, rappelant que les débats budgétaires reprennent en séance publique. "Si le gouvernement continue à refuser la justice que nous proposons pour la séquence budgétaire, là, il y aura peut-être un autre sujet de motion de censure", menace-t-il.

Un contexte politique explosif

Cette affaire s'inscrit dans un climat politique tendu, marqué par des divisions au sein de la gauche et une droite radicalisée. Alors que le gouvernement tente de naviguer entre les exigences européennes et les attentes nationales, les partis d'opposition multiplient les attaques. La France insoumise et le Rassemblement national cherchent à capitaliser sur ce dossier pour affaiblir l'exécutif, tandis que le Parti socialiste tente de jouer les médiateurs.

L'Europe au cœur des tensions

Le Mercosur, accord controversé, cristallise les critiques contre la politique commerciale de l'Union européenne. "Le président de la République a voté contre ce traité à l'échelle européenne et donc qu'il a respecté aussi le vote souverain du Parlement", rappelle Arthur Delaporte. Une position qui pourrait servir de bouclier politique face aux accusations d'abandon de souveraineté.

Vers une crise institutionnelle ?

Alors que les motions de censure doivent être débattues la semaine prochaine, l'Assemblée nationale se prépare à un bras de fer politique. La question de la responsabilité du gouvernement sera au centre des débats, dans un contexte où les divisions partisanes pourraient empêcher toute majorité stable. "Il faut aussi réfléchir à la manière dont on cherche à doter le pays d'un budget", conclut Arthur Delaporte, soulignant l'urgence d'une gouvernance apaisée.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (8)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

L

Logos

il y a 11 heures

Noooooon mais sérieux ??? Ils vont encore nous faire un coup pourri avec ce Mercosur !!! Ptdr ils sont tous pourris ces politiques !!! #MerciQui ? #Personne !!!

0
F

Fragment

il y a 11 heures

Je me souviens d'un collègue brésilien qui me disait : 'Vous les Français, vous passez votre temps à discuter au lieu d'agir.' Il avait pas tort. Moi j'ai bossé 5 ans au Mercosur, et franchement, c'est pas la mer à boire. Mais bon, ici, tout est politique.

0
Q

QuantumLeap61

il y a 12 heures

Le PS qui tempère, LFI qui attaque... Et le gouvernement qui fait semblant de s'en soucier. On va finir par croire que c'est un spectacle écrit par des scénaristes. Qui a gagné les oscars cette année déjà ?

0
T

Thomas65

il y a 13 heures

Les gens s'en foutent en vrai. Ils regardent le foot ou les séries, pas les motions de censure. La politique, c'est comme le fromage : ça sent fort mais ça intéresse que les spécialistes.

0
E

EyeToEye71

il y a 13 heures

En Europe, les accords commerciaux comme le Mercosur sont souvent bloqués par les divisions nationales. Regardez l'ALENA ou le CETA... La France n'est pas un cas isolé, mais elle excelle dans le spectacle politique.

4
J

julien-sorel-3

il y a 12 heures

@eyetoeye71 Mais l'Union Européenne a quand même plus de cohérence sur ces sujets que la France. Nos divisions internes nous empêchent d'avoir une vraie politique commerciale. C'est ça le vrai problème.

0
E

EdgeWalker3

il y a 14 heures

La gauche qui se déchire sur le Mercosur... Comme d'hab, ils préfèrent se tirer dans les pattes plutôt que de s'attaquer au vrai problème. Bref, on va encore en prendre plein la gueule.

0
P

Patrick du 67

il y a 13 heures

@edgewalker3 Exact, et le pire c'est qu'ils font semblant de s'étonner après. Franchement, ça va durer encore longtemps ce cirque ?

0
Publicité