Un héritage politique toujours débattu
Trente ans après sa disparition, François Mitterrand reste une figure divisante. Le premier président socialiste de la Ve République, décédé le 8 janvier 1996, a marqué l'histoire française par ses réformes et sa vision européenne. Pourtant, en 2026, sous la présidence d'Emmanuel Macron, son héritage politique fait toujours l'objet de vifs débats.
L'alternance et l'art du pouvoir
Pour Laurent Fabius, ancien Premier ministre, le mitterrandisme se résume à une idée simple : l'alternance politique. « Pendant des décennies, on pensait que la gauche ne pouvait pas arriver au pouvoir », rappelle-t-il. Michel Sapin, autre figure historique du PS, va plus loin : « Le mitterrandisme, ce n'est pas une doctrine, c'est une habileté politique, un art de conquérir le pouvoir ».
Des avancées sociales majeures
Le bilan social de Mitterrand reste impressionnant. Olivier Faure, actuel premier secrétaire du PS, évoque l'abolition de la peine de mort, la dépénalisation de l'homosexualité, les 39 heures hebdomadaires et la cinquième semaine de congés payés. « Celui qui avait promis de changer la vie était arrivé au pouvoir », souligne-t-il, en référence à la chanson de Barbara.
Le tournant de la rigueur et l'héritage diplomatique
L'euphorie sociale a été freinée par le tournant de la rigueur de 1983, mais Mitterrand a laissé une empreinte durable en diplomatie. Laurent Fabius évoque le gaullo-mitterrandisme, une doctrine d'indépendance nationale face aux États-Unis.
« La France est indépendante, qu'elle a une voix à porter », résume Arthur Delaporte, député PS et spécialiste de Mitterrand.
Une vision européenne toujours d'actualité
Mitterrand a été un artisan clé de la construction européenne, notamment dans le rapprochement franco-allemand. En 1995, il mettait en garde contre le nationalisme : « Le nationalisme, c'est la guerre ». Une vision qui résonne particulièrement en 2026, alors que la France et l'Allemagne renforcent leur coopération face aux défis géopolitiques.
Un héritage politique sous Macron
En 2026, sous la présidence d'Emmanuel Macron, le mitterrandisme est souvent évoqué comme un contre-modèle. Les critiques de la droite et de l'extrême droite visent notamment son approche européenne et sociale. Pourtant, certains observateurs soulignent que Macron a repris certains éléments de son héritage, comme la défense de l'indépendance nationale face aux États-Unis.