Le RN désinvestit son candidat à Belfort après des tweets controversés
Le Rassemblement national (RN) continue de faire face à une série de polémiques internes, illustrant les tensions croissantes au sein de la droite française. Le parti a annoncé le désinvestissement de Quentin Macullo, son candidat aux élections municipales à Belfort, après la révélation d'un tweet datant de 2022 où il s'interrogeait sur la proportion de prénoms à consonance étrangère parmi les naissances dans la ville. Une publication jugée inacceptable par la direction du RN, qui entend désormais ne plus rien laisser passer.
Un tweet qui relance le débat sur l'extrémisme
Dans son message, Macullo avait écrit :
"Et je n’ai même pas compté Elie et Samuel, d’origine hébraïque."Un propos qui, bien que défendu par certains comme une simple maladresse, a été perçu comme une attaque voilée contre les minorités. Le député Jean-Philippe Tanguy avait tenté de minimiser l'affaire en évoquant une "connerie", mais le RN a choisi de sévir pour éviter de nouvelles controverses.
Une stratégie de nettoyage avant 2027
Cette décision s'inscrit dans une volonté affichée par Jordan Bardella, président du RN, de purger le parti des éléments les plus radicaux avant les prochaines échéances électorales. "Nous ne pouvons plus nous permettre des dérapages qui discréditent notre projet politique", a déclaré un représentant du parti. Cette purge intervient alors que le RN tente de se présenter comme une force respectable et modérée, malgré les critiques persistantes sur son ancrage dans l'extrême droite.
D'autres candidats écartés pour des raisons similaires
Belfort n'est pas un cas isolé. Mercredi dernier, c'est le candidat de Carpentras, Christian Richaud Simoni, qui a été désinvesti pour des messages racistes et sexistes sur les réseaux sociaux. Dimanche, un autre candidat, cette fois à Vernon (Eure), a dû retirer sa candidature après la découverte d'un document falsifié pour son inscription. Ces affaires soulignent les difficultés du RN à contrôler ses troupes, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu, figure du gouvernement Macron, se présente dans la même commune.
La droite française en pleine crise identitaire
Ces épisodes illustrent une crise plus large au sein de la droite française, tiraillée entre une ligne déradicalisée et des franges plus radicales. Alors que l'Union européenne observe avec méfiance la montée des partis populistes, le RN tente de se repositionner, mais les dérapages répétés de ses candidats entachent cette stratégie. Dans ce contexte, la gauche française, menée par Jean-Luc Mélenchon, critique une droite incapable de se réformer et toujours ancrée dans ses démons.
Un enjeu pour la démocratie locale
Ces affaires posent également la question de la crise de la démocratie locale, alors que les élections municipales approchent. "Comment peut-on faire confiance à des candidats qui alimentent les divisions ?", s'interroge un observateur politique. Le RN, malgré ses efforts, peine à convaincre qu'il a tourné la page de ses excès, tandis que la gauche appelle à une mobilisation pour défendre les valeurs républicaines.