Le Sénat en guerre contre le budget de la Sécurité sociale : la droite et le centre veulent imposer leur réforme des retraites

Par Aurélie Lefebvre 19/11/2025 à 06:26
Le Sénat en guerre contre le budget de la Sécurité sociale : la droite et le centre veulent imposer leur réforme des retraites

Le Sénat, à majorité droite et centre, s'apprête à modifier en profondeur le budget de la Sécurité sociale, relançant le débat sur les retraites.

Un bras de fer politique autour du PLFSS

Alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) arrive au Sénat, la majorité de droite et du centre s'apprête à en modifier profondément le contenu. Une manœuvre qui pourrait bien relancer le débat sur la réforme des retraites, suspendue à l'Assemblée nationale.

La droite sénatoriale déterminée à rétablir sa réforme

Gérard Larcher, président du Sénat, a clairement affiché ses intentions : "Le Sénat rétablira la réforme des retraites. Nous la votons depuis cinq ans", déclarait-il récemment. Une position qui s'inscrit dans la continuité des amendements déposés chaque année par les sénateurs Les Républicains (LR) pour augmenter l'âge légal de départ à la retraite.

Cette offensive intervient alors que le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a dû composer avec les députés socialistes pour faire adopter le budget. Une situation qui exaspère une partie de la droite sénatoriale, comme en témoigne les propos d'Olivier Henno, sénateur centriste :

"Sébastien Lecornu a beaucoup lâché, trop lâché. C'est un budget socialiste. C'est ça, la vérité."

Un Premier ministre en quête de compromis

Conscient des tensions, Sébastien Lecornu a tenté de désamorcer la crise en se rendant au Sénat le 5 novembre. Lors d'une réunion avec les présidents de groupes et de commissions, il a mis en garde contre les risques d'une censure budgétaire, évoquant même la possibilité d'une dissolution de l'Assemblée nationale.

"Je ne serai pas le Premier ministre qui fera une passation de pouvoir avec Jordan Bardella", a-t-il déclaré, selon des sources présentes. Une référence à peine voilée à la montée en puissance du Rassemblement National, que la droite sénatoriale semble vouloir instrumentaliser dans ce bras de fer.

Les enjeux d'une bataille budgétaire

Au-delà de la question des retraites, c'est tout le budget de la Sécurité sociale qui est menacé. Les sénateurs de droite et du centre entendent supprimer la plupart des amendements adoptés par les députés socialistes, au nom d'une prétendue "rigueur financière".

"Nous allons rétablir le texte dans sa version initiale, celle du gouvernement", affirme Olivier Henno. Une position qui pourrait compliquer les négociations futures, alors que le gouvernement devra trouver un compromis acceptable par les deux chambres.

Les rapports de force à droite

Cette offensive sénatoriale s'inscrit dans un contexte de tensions internes à la droite. La présence de ministres LR dans le gouvernement Lecornu II a provoqué des remous, avec des sénateurs poussant pour une rupture plus nette avec le macronisme.

Dans ce contexte, Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur et figure majeure des Républicains, sera particulièrement scruté. Bien qu'il ait quitté la présidence du groupe LR au Sénat, son influence reste déterminante. Son entourage promet qu'il "va suivre les débats de très près" et "va l'ouvrir" pour réviser la copie budgétaire.

Un équilibre délicat pour le gouvernement

Le Premier ministre devra donc naviguer entre les exigences de la droite sénatoriale et les contraintes politiques d'un gouvernement minoritaire à l'Assemblée. Un exercice d'équilibriste qui pourrait bien déterminer l'avenir de cette réforme budgétaire.

Reste à savoir si les sénateurs accepteront de faire des concessions, ou s'ils maintiendront leur ligne dure jusqu'au bout. Dans tous les cas, cette bataille parlementaire s'annonce comme l'un des premiers tests majeurs du gouvernement Lecornu II.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (10)

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DigitalAge

il y a 3 mois

Regardez en Allemagne ou en Suède : ils ont réformé leurs retraites sans briser les travailleurs. Pourquoi la France ne peut pas faire pareil ?

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E

Etchecopar

il y a 3 mois

@digitalage Parce qu'ici, c'est le cirque permanent. D'un côté les gauchos qui crient à la fin du monde, de l'autre les vieux cons qui veulent tout garder. Bref, on est mal.

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A

Abraracourcix

il y a 3 mois

Moi à 25 ans, je vois même pas comment j'aurai une retraite un jour. Entre les stages non payés et les CDD à répétition, c'est la galère...

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T

TrailBlazer

il y a 3 mois

Selon la Cour des comptes, le déficit de la Sécu atteindra 15 milliards en 2025. Il faut agir, mais avec des mesures équilibrées. Les chiffres ne mentent pas.

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T

tregastel

il y a 3 mois

Ah, la grande comédie politique ! D'un côté on nous dit qu'on vit trop vieux, de l'autre qu'on ne travaille pas assez. Franchement, ils se foutent de nous.

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R

Raphaël63

il y a 3 mois

La réalité, c'est que le système est en faillite. On ne peut pas continuer à faire comme si de rien n'était. Il faut des réformes courageuses, même si elles sont impopulaires.

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Léo-79

il y a 3 mois

@raphael63 Courageux ? Ou juste égoïste ? Vous voulez qu'on crève au turbin pendant que vous sirotez votre retraite dorée ?

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E

EyeToEye71

il y a 3 mois

Il faut trouver un équilibre. Le système actuel n'est pas viable financièrement, mais il faut protéger les plus fragiles. Les réformes doivent être progressives et justes.

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A

ACE 55

il y a 3 mois

Encore une fois, les politiques jouent avec notre avenir ! Le Sénat veut nous faire travailler plus pour moins, pendant qu'eux gardent leurs privilèges. La retraite à 64 ans, c'est une arnaque !

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S

Solstice

il y a 3 mois

@ace-55 Exactement ! Et pendant ce temps, les milliardaires paient moins d'impôts que les retraités. La justice sociale, ils connaissent pas...

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