Une annulation controversée dans le contexte post-Deranque
Quatre jours après le drame de Lyon, où Quentin Deranque a perdu la vie dans des circonstances encore floues, les annulations d'événements politiques se multiplient. L'École normale supérieure de Paris-Saclay a décidé de ne pas maintenir une conférence prévue le 27 février, à laquelle devait participer Rima Hassan, eurodéputée insoumise. Cette décision, présentée comme une mesure de sécurité, soulève des questions sur la liberté d'expression dans les établissements publics.
Un contexte tendu et une décision unilatérale
L'événement, organisé à l'initiative du syndicat FSU, devait se tenir dans les locaux de l'ENS. L'établissement a justifié cette annulation en évoquant "les événements récents survenus à Lyon", sans préciser les risques spécifiques encourus. Une décision qui intervient alors que le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a appelé à une vigilance accrue face aux risques de troubles à l'ordre public.
"Cette initiative ne s'inscrivait pas dans le cadre académique de l'école, qui devait uniquement mettre à disposition des locaux pour l'événement." — Service de communication de l'ENS
Rima Hassan dénonce un décalage, pas une annulation
De son côté, l'eurodéputée insoumise a réfuté l'annulation pure et simple de la conférence, évoquant un simple report. Son entourage a confirmé cette version, sans préciser de nouvelle date. Cette divergence d'interprétation illustre les tensions actuelles autour de la liberté d'expression dans les universités, alors que le gouvernement Lecornu II multiplie les avertissements contre les "meetings" jugés trop polarisants.
Un climat politique délétère
Cette annulation intervient dans un contexte de crise de la démocratie locale, où les débats politiques sont de plus en plus instrumentalisés. Les syndicats, comme la FSU, sont souvent en première ligne pour défendre l'accès aux lieux publics, tandis que les autorités académiques semblent céder à une logique sécuritaire. Une tendance qui pourrait s'amplifier à l'approche des élections de 2027.
Alors que le gouvernement assure que les présidents d'universités auront le dernier mot, cette affaire révèle les tensions entre liberté d'expression et maintien de l'ordre. Un équilibre fragile, dans un pays où les débats politiques sont de plus en plus sous surveillance.