Une succession sous le signe de la polémique
L'Institut du monde arabe (IMA) vit une transition mouvementée. Anne-Claire Legendre, conseillère diplomatique d'Emmanuel Macron, a été proposée mardi 17 février pour succéder à Jack Lang, démissionnaire sous la pression médiatique. Cette nomination intervient alors que l'ancien ministre de la Culture est mis en cause pour ses liens présumés avec Jeffrey Epstein, le financier américain décédé en détention en 2019.
Une diplomate arabophone pour redorer l'image de l'IMA
Anne-Claire Legendre, spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient, a été désignée par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. "Elle dispose de l'expérience, des qualités et de la vision stratégique nécessaires pour assumer ces responsabilités éminentes", a-t-il déclaré dans un communiqué. Si sa candidature est entérinée sans obstacle, elle deviendra la première femme à présider le Conseil d'administration de l'IMA.
Jack Lang quitte l'IMA dans la tourmente
Jack Lang, figure historique de la gauche française, a quitté l'institution sous la pression. Des perquisitions étaient en cours à l'IMA, sur fond de révélations judiciaires. Les documents américains mentionnent son nom à 673 reprises dans des échanges avec Epstein, évoquant des liens d'intérêt avec le criminel sexuel. Bien que aucune charge ne pèse contre lui, cette affaire entache son héritage politique.
Un enjeu stratégique pour la diplomatie française
Cette nomination intervient dans un contexte de tensions accrues avec les pays arabes, notamment en raison du soutien français à Israël. L'IMA, symbole des relations franco-arabes, doit désormais incarner une vision apaisée et stratégique, selon les termes de Jean-Noël Barrot. La diplomate Legendre, proche du président Macron, pourrait ainsi renforcer les liens avec le monde arabe, tout en évitant les écueils de l'affaire Epstein.
La gauche en émoi face à cette succession
La nomination d'une proche du pouvoir macroniste suscite des réactions mitigées à gauche. Certains y voient une instrumentalisation politique, tandis que d'autres saluent l'expertise de Legendre. "L'IMA ne doit pas devenir un outil de la diplomatie gouvernementale", a déclaré un élu socialiste sous couvert d'anonymat. Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise des vocations politiques, où les figures historiques de la gauche sont progressivement remplacées par des profils technocratiques.