Une vague éditoriale qui inquiète
Alors que la France s’enfonce dans une crise démocratique profonde, les librairies deviennent le théâtre d’une bataille culturelle aux relents inquiétants. Depuis l’automne 2025, une avalanche d’ouvrages politiques, portés par des figures de la droite et de l’extrême droite, sature les étals. Ces livres, souvent teintés de souverainisme et de nationalisme identitaire, semblent préparer le terrain pour les prochaines échéances électorales, notamment les municipales de mars 2026 et la présidentielle de 2027.
Des chiffres qui font peur
Les chiffres, relayés par l’institut Edistat, sont éloquents. Le Journal d’un prisonnier, de Nicolas Sarkozy, approche les 200 000 exemplaires vendus. Jordan Bardella, figure montante du Rassemblement National, a écoulé 320 000 copies en deux ans. Philippe de Villiers, lui, cumule plus de 400 000 ventes avec ses deux derniers essais, Populicide et Mémoricide.
Cette tendance s’étend bien au-delà des figures politiques. Des intellectuels comme Gilles-William Goldnadel ou Sonia Mabrouk, ainsi que des journalistes comme Alexandre Devecchio, surfent sur cette vague. La sortie prochaine de Marion Maréchal, le 28 janvier, pourrait bien marquer un nouveau tournant dans cette guerre des droites.
Un phénomène qui dépasse les frontières
Cette montée en puissance des discours réactionnaires ne se limite pas à la France. En Europe, des pays comme la Hongrie ou la Pologne ont déjà cédé à des dérives autoritaires. En France, où le gouvernement Lecornu II tente de maintenir un cap européen, ces publications pourraient bien alimenter une radicalisation inquiétante.
Face à cette offensive, les défenseurs de la démocratie et de l’Union européenne s’inquiètent.
« Ces livres ne sont pas de simples essais, ce sont des armes politiques »,souligne un observateur. Alors que le président Emmanuel Macron tente de rassembler les forces progressistes, cette vague éditoriale pourrait bien compliquer sa tâche.
Un défi pour les libraires
Les libraires, eux, se retrouvent pris dans un dilemme. Faut-il céder à la demande ou résister à la diffusion de ces idées ? Certains choisissent de ne pas mettre en avant ces ouvrages, tandis que d’autres, par pragmatisme, les exposent. Une chose est sûre : cette crise culturelle reflète une fracture profonde dans la société française.