Onze personnes en garde à vue après le drame lyonnais
L'enquête s'accélère autour de la mort tragique de Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans, frappé à mort jeudi soir par des individus cagoulés en marge d'une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan (LFI). Dix personnes ont été interpellées mardi soir dans plusieurs régions, suivies de deux autres mercredi matin à Saint-Priest (Rhône). Parmi les suspects figurent deux collaborateurs parlementaires liés à La France insoumise, plongeant le parti dans une crise politique sans précédent.
Des liens troubles avec l'antifascisme radical
Deux des interpellés, Alexis C. et Robin C., sont fichés S pour leur appartenance à la Jeune Garde, groupe antifasciste dissous en juin 2025. Fondé en 2018 à Lyon, ce mouvement avait été accusé à plusieurs reprises de violences politiques. Son dissolution avait été prononcée par le gouvernement, avant un recours devant le Conseil d'État. La Jeune Garde a nié toute responsabilité dans la mort de Quentin Deranque, mais les liens entre certains de ses membres et des collaborateurs parlementaires de LFI soulèvent des questions sur les réseaux militants au sein même de l'Assemblée nationale.
Des collaborateurs parlementaires sous le feu des critiques
Robin C., attaché parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, a été arrêté pour « mise à disposition de moyens pour se soustraire aux recherches ». Jacques-Elie Favrot, également collaborateur d'Arnault, est suspecté d'avoir porté des coups à la victime. Le député a immédiatement rompu son contrat avec Favrot, mais l'affaire met en lumière les tensions croissantes entre les franges radicales de l'antifascisme et les institutions républicaines.
Une enquête qui ébranle le paysage politique
L'enquête pour « homicide volontaire » et « association de malfaiteurs » s'annonce comme un test pour la majorité présidentielle. Le gouvernement Lecornu II, déjà sous pression face à la montée des violences politiques, doit naviguer entre fermeté et respect des libertés. La gauche radicale, quant à elle, est sous le feu des critiques, certains accusant le parti de tolérer des dérives au sein de ses rangs.
Réactions politiques : entre indignation et instrumentalisation
La mort de Quentin Deranque a provoqué des réactions vives à l'Assemblée nationale. Les oppositions de droite et d'extrême droite dénoncent un laxisme présumé des autorités face aux violences antifascistes, tandis que la majorité tente de rassurer sur la fermeté de l'enquête. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé au calme, rappelant l'importance du respect des institutions.
Un contexte de tensions politiques exacerbées
Cette affaire s'inscrit dans un climat de polarisation croissante, marqué par des affrontements répétés entre militants d'extrême droite et antifascistes. La dissolution de la Jeune Garde en 2025 n'avait pas suffi à apaiser les tensions, et l'affaire Deranque pourrait bien relancer le débat sur la dissolution des groupes violents, qu'ils soient d'extrême droite ou d'extrême gauche.
Alors que l'enquête se poursuit, les regards se tournent vers les prochaines élections, où la question de la sécurité et de l'ordre public risque de prendre une place centrale.