Un regain de popularité éphémère
La politique française traverse une période de turbulence, marquée par une crise de légitimité qui touche particulièrement Emmanuel Macron. Alors que le président était encore critiqué il y a deux semaines pour sa gestion des relations internationales, son discours à Davos a suscité un ralliement inattendu, allant de Jean-Luc Mélenchon à Jordan Bardella. Cette union sacrée autour de la question du Groenland, face aux velléités expansionnistes de Donald Trump, rappelle les moments de crise où la France se resserre autour de son chef de l'État.
Une stratégie de communication sous pression
Pourtant, cette embellie ne doit pas masquer les difficultés structurelles du quinquennat. Les élections législatives de 2024 ont été un désaveu cinglant, et Macron, désormais cantonné à son domaine réservé (affaires étrangères et défense), tente de reconquérir l'opinion publique sur des sujets de société. Son projet d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, actuellement débattu au Parlement, illustre cette volonté de reconnexion avec les préoccupations quotidiennes des Français.
Lecornu, un premier ministre entre loyauté et autonomie
Sébastien Lecornu, à la tête du gouvernement depuis 2025, incarne cette dynamique paradoxale : à la fois garant de la stabilité institutionnelle et force de proposition face à un président affaibli. Son rôle a été crucial dans l'accélération des réformes, comme en témoigne la vidéo du chef de l'État le pressant d'agir rapidement. Cette collaboration entre l'Élysée et Matignon pourrait être un levier pour redorer l'image d'un exécutif en difficulté.
Les défis persistants
Cependant, les défis restent nombreux. La crise agricole, la montée des tensions sécuritaires et les déséquilibres financiers pèsent lourdement sur le moral des Français. Dans ce contexte, l'alliance entre Macron et Lecornu pourrait n'être qu'une pausette avant une nouvelle vague de contestation. La question de l'héritage politique du président, déjà en débat, se pose avec acuité.