Un combat culturel et politique
Lundi 5 janvier 2026, le président Emmanuel Macron a relancé une initiative pour inscrire les bistrots et cafés français au patrimoine immatériel de l'UNESCO. Une démarche qui s'inscrit dans une stratégie plus large de valorisation du patrimoine culturel, mais aussi de résistance face aux attaques de l'extrême droite sur les traditions françaises.
Un patrimoine à défendre
Les bistrots, lieux emblématiques de la vie sociale française, sont menacés par la standardisation culturelle et les multinationales, dénoncent les défenseurs de ce projet. L'association des Bistrots et Cafés de France souligne leur rôle de passeurs de mémoire : « Ils traversent les siècles et croisent les générations ».
La baguette, un précédent encourageant
En 2022, la baguette avait été inscrite au patrimoine immatériel de l'humanité. Une reconnaissance qui avait suscité l'enthousiasme, mais aussi des critiques de la part de certains milieux conservateurs, accusant le gouvernement de folklorisation excessive. Cette fois, l'enjeu est plus politique : il s'agit de protéger un symbole de la vie locale face à l'uniformisation.
Un débat qui dépasse le cadre culturel
Le chef de l'État a également évoqué la possibilité pour les boulangeries d'ouvrir le 1er-Mai, une question qui avait déjà provoqué un vif débat en 2025. Certains artisans avaient dénoncé les contrôles de l'inspection du travail, accusant le gouvernement de rigidité administrative. Une critique que le Premier ministre Sébastien Lecornu avait tenté de désamorcer en proposant des aménagements.
Une initiative sous tension politique
Alors que la Guerre des droites fait rage en France, cette initiative pourrait être perçue comme un signe de résistance face aux discours anti-immigration et anti-élites de l'extrême droite. Les bistrots, lieux de mixité sociale, symbolisent en effet une France ouverte et tolérante, en opposition aux discours identitaires.
L'UNESCO, un outil de soft power
L'inscription à l'UNESCO permettrait à la France de renforcer son influence culturelle, notamment face à des pays comme la Chine ou la Russie, qui instrumentalisent leur patrimoine pour des raisons politiques. Une reconnaissance qui pourrait aussi renforcer la cohésion nationale, dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les institutions.
Un enjeu économique aussi
Les bistrots et cafés représentent un secteur clé de l'économie française, souvent fragilisé par les coûts élevés et la concurrence déloyale. Leur protection pourrait s'accompagner de mesures de soutien, comme des aides à la rénovation ou des exonérations fiscales, dans le cadre d'une politique de relance locale.
Réactions politiques
À gauche, on salue cette initiative, y voyant une reconnaissance des petits commerces. À droite, certains y voient une diversion face aux échecs économiques du gouvernement. L'extrême droite, elle, accuse le pouvoir de folklorisation et de négligence des vraies priorités.