Un programme économique en trompe-l'œil
« Travail gagnant » : c'est sous ce slogan que Bruno Retailleau, président des Républicains, a dévoilé le 7 janvier son programme économique, présenté comme une rupture avec la politique macroniste. Pourtant, l'analyse révèle une simple radicalisation des mesures en place depuis 2017, sans tirer les leçons de leurs échecs.
Les ordonnances de 2017 : un bilan désastreux
Les ordonnances laborieuses du début du quinquennat Macron ont supprimé quatre critères de pénibilité, précisément ceux où la France accusait le plus de retard comparé à ses voisins européens. Un choix contestable, alors que les conditions de travail hexagonales restaient parmi les plus précaires.
Chômage : l'échec des promesses
Emmanuel Macron avait promis de rattraper les meilleurs élèves européens. Pourtant, malgré une baisse du taux de chômage de 9,5 % en 2017 à 7,1 % en 2023, la France reste loin derrière l'Allemagne (3,2 %), les Pays-Bas (3,5 %) ou le Danemark (5,2 %). Loin des objectifs affichés.
Parmi les 2 millions d'emplois créés, près de 40 % proviennent de l'explosion des contrats d'apprentissage, dont le coût pour les finances publiques s'élève à 25 milliards d'euros par an. Une autre partie consiste en des microentrepreneurs, dont les revenus moyens s'élèvent à seulement 670 euros mensuels.
La politique du « work first » : une sanction déguisée
Inspirée de l'OCDE, cette doctrine considère qu'un emploi de mauvaise qualité vaut mieux que le chômage. Depuis 2017, les gouvernements ont réduit la protection de l'assurance-chômage, pénalisant les contrats courts, les jeunes et les peu diplômés. Un durcissement social.
Les évaluations montrent que ces mesures ont limité l'accès aux indemnités pour les plus précaires. Un échec assumé, alors que la France peine à se rapprocher des standards européens.
Un héritage empoisonné pour 2027
Alors que la campagne présidentielle de 2027 approche, ce bilan contrasté pourrait peser lourd dans les débats. Le retaillo-macronisme risque de devenir un enjeu central, alors que la gauche dénonce une politique économique injuste et inefficace.
Dans ce contexte, les DOM-TOM, souvent oubliés dans ces réformes, pourraient devenir un terrain de mobilisation contre ces politiques. Un défi pour le gouvernement Lecornu II.