Un dispositif crucial relancé, mais dans un contexte budgétaire tendu
Le gouvernement français a annoncé jeudi 5 février la relance imminente du dispositif MaPrimeRénov', suspendu depuis janvier faute de budget. Une décision saluée par les associations de consommateurs, mais qui interroge sur la soutenabilité des finances publiques.
Une relance attendue, mais sous conditions
Selon le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, le guichet de demande de subvention rouvrira « dès la promulgation » du budget 2026, prévue « dans quelques jours ». Une annonce qui intervient après des mois de restrictions, le dispositif ayant été limité aux ménages les plus modestes depuis septembre.
« J'avais dit très clairement que s'il n'y avait pas de budget, il n'y avait pas de guichet [de demande de subvention] MaPrimeRénov', eh bien, la bonne nouvelle, c'est que ça y est, il y a un budget donc dès la promulgation de la loi, ce qui va arriver dans quelques jours, réouverture complète de MaPrimeRénov' »
Un budget inchangé, mais des économies contestées
L'enveloppe allouée pour 2026 reste identique à celle de 2025, soit 3,6 milliards d'euros. Cependant, le gouvernement mise sur les certificats d'économie d'énergie (CEE), des aides proposées par les fournisseurs d'énergie, pour réduire la facture de l'État. Une stratégie qui suscite des critiques, notamment de la part des écologistes, qui dénoncent un « désengagement de l'État ».
Des objectifs ambitieux, mais déjà compromis
L'Agence nationale de l'habitat (ANAH) prévoit de financer 150 000 travaux isolés (changement de chaudière ou de fenêtres) et 120 000 rénovations globales. Un objectif déjà entamé par les 83 000 dossiers en attente fin 2025, révélant les limites d'un système sous tension.
Un enjeu politique majeur à l'approche des élections
Alors que la crise des finances publiques s'aggrave, cette relance intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la majorité présidentielle et l'opposition. La gauche salue une mesure « indispensable pour la transition écologique », tandis que la droite et l'extrême droite dénoncent un « gaspillage d'argent public ».
Vincent Jeanbrun se rendra vendredi dans un espace France Rénov' des Yvelines, une agence d'information et d'accompagnement des projets de rénovation, pour défendre le dispositif face aux critiques.