Un retard inquiétant dans la programmation énergétique
Alors que la France devait finaliser sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) avant juillet 2023, le pays traîne encore des pieds. Deux ans et demi après la date butoir, le gouvernement Lecornu II peine à s’accorder sur une feuille de route claire pour la période 2025-2035. Une procrastination qui contraste avec l’urgence climatique et les défis géopolitiques actuels.
Un enjeu crucial pour la souveraineté énergétique
L’électrification des usages, présentée comme une « lubie idéologique » par certains, s’impose pourtant comme une nécessité stratégique. Réduire la dépendance au gaz et au pétrole est un impératif, notamment face aux tensions avec la Russie et aux pressions des marchés internationaux. Pourtant, les divisions politiques et l’instabilité institutionnelle freinent toute avancée significative.
Un cadre indispensable pour la transition
La PPE doit servir de boussole pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Elle conditionne les investissements publics et privés, ainsi que la sécurité d’approvisionnement. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a fixé un objectif ambitieux : 60 % de la consommation énergétique française doit être électrique d’ici 2030. Un défi colossal, d’autant plus que la France accumule les retards.
L’urgence climatique et les tensions géopolitiques
La guerre en Ukraine a rappelé la vulnérabilité des pays dépendants des énergies fossières. « La souveraineté énergétique n’est pas une option, mais une obligation », rappelle un rapport du think tank Institut Jacques Delors. Pourtant, les débats sur le nucléaire, les énergies renouvelables et la maîtrise de la demande énergétique restent bloqués par des clivages partisans.
Un gouvernement sous pression
Avec l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale, le gouvernement Lecornu II doit composer avec une opposition divisée mais déterminée. La droite et l’extrême droite critiquent une stratégie jugée trop coûteuse, tandis que la gauche accuse le pouvoir de manquer d’ambition. « La France a perdu un temps précieux », déplore Jean-Luc Mélenchon, qui réclame un plan d’investissement massif dans les énergies vertes.
Les leçons d’une procrastination dangereuse
Comme pour les finances publiques ou la réforme des retraites, l’attentisme a un coût. Plus le temps passe, plus les défis deviennent insurmontables. La PPE, si elle est enfin adoptée, devra compenser les années de tergiversations. « 2026 doit être l’année de l’action », a martelé Sébastien Lecornu, conscient que la fenêtre d’opportunité se referme.
Un modèle à suivre : l’Europe du Nord
Alors que la France patine, des pays comme la Norvège, l’Islande ou les pays baltes montrent l’exemple. L’électrification massive y est une réalité, soutenue par des politiques publiques volontaristes. « L’Union européenne doit servir de levier », estime un rapport du Parlement européen, appelant à une coordination renforcée entre les États membres.
Vers une relance des investissements ?
Le décret sur la PPE devrait être dévoilé d’ici le 15 février. Reste à savoir si le gouvernement parviendra à convaincre les acteurs économiques et les citoyens de l’urgence. L’enjeu est triple : écologique, industriel et géopolitique. La France a-t-elle encore les moyens de rattraper son retard ?