Électrification : la France en retard face à la souveraineté énergétique

Par Anadiplose 09/02/2026 à 07:14
Électrification : la France en retard face à la souveraineté énergétique

La France accumule les retards dans sa programmation énergétique, mençant sa souveraineté et la transition écologique. Objectif 2030 : 60 % d'électricité.

Un retard inquiétant dans la programmation énergétique

Alors que la France devait finaliser sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) avant juillet 2023, le pays traîne encore des pieds. Deux ans et demi après la date butoir, le gouvernement Lecornu II peine à s’accorder sur une feuille de route claire pour la période 2025-2035. Une procrastination qui contraste avec l’urgence climatique et les défis géopolitiques actuels.

Un enjeu crucial pour la souveraineté énergétique

L’électrification des usages, présentée comme une « lubie idéologique » par certains, s’impose pourtant comme une nécessité stratégique. Réduire la dépendance au gaz et au pétrole est un impératif, notamment face aux tensions avec la Russie et aux pressions des marchés internationaux. Pourtant, les divisions politiques et l’instabilité institutionnelle freinent toute avancée significative.

Un cadre indispensable pour la transition

La PPE doit servir de boussole pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Elle conditionne les investissements publics et privés, ainsi que la sécurité d’approvisionnement. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a fixé un objectif ambitieux : 60 % de la consommation énergétique française doit être électrique d’ici 2030. Un défi colossal, d’autant plus que la France accumule les retards.

L’urgence climatique et les tensions géopolitiques

La guerre en Ukraine a rappelé la vulnérabilité des pays dépendants des énergies fossières. « La souveraineté énergétique n’est pas une option, mais une obligation », rappelle un rapport du think tank Institut Jacques Delors. Pourtant, les débats sur le nucléaire, les énergies renouvelables et la maîtrise de la demande énergétique restent bloqués par des clivages partisans.

Un gouvernement sous pression

Avec l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale, le gouvernement Lecornu II doit composer avec une opposition divisée mais déterminée. La droite et l’extrême droite critiquent une stratégie jugée trop coûteuse, tandis que la gauche accuse le pouvoir de manquer d’ambition. « La France a perdu un temps précieux », déplore Jean-Luc Mélenchon, qui réclame un plan d’investissement massif dans les énergies vertes.

Les leçons d’une procrastination dangereuse

Comme pour les finances publiques ou la réforme des retraites, l’attentisme a un coût. Plus le temps passe, plus les défis deviennent insurmontables. La PPE, si elle est enfin adoptée, devra compenser les années de tergiversations. « 2026 doit être l’année de l’action », a martelé Sébastien Lecornu, conscient que la fenêtre d’opportunité se referme.

Un modèle à suivre : l’Europe du Nord

Alors que la France patine, des pays comme la Norvège, l’Islande ou les pays baltes montrent l’exemple. L’électrification massive y est une réalité, soutenue par des politiques publiques volontaristes. « L’Union européenne doit servir de levier », estime un rapport du Parlement européen, appelant à une coordination renforcée entre les États membres.

Vers une relance des investissements ?

Le décret sur la PPE devrait être dévoilé d’ici le 15 février. Reste à savoir si le gouvernement parviendra à convaincre les acteurs économiques et les citoyens de l’urgence. L’enjeu est triple : écologique, industriel et géopolitique. La France a-t-elle encore les moyens de rattraper son retard ?

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (13)

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val-87

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux ??? On est en 2024 et on parle encore de 2030 !!! Franchement, ça avance pas ou quoi ???!!

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Nolwenn de Nivernais

il y a 1 semaine

Le problème, c'est qu'on a une vision à court terme. On veut des résultats rapides, mais une transition énergétique, ça se construit sur le long terme. Et ça, nos dirigeants ne l'ont pas compris.

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Enlightenment

il y a 1 semaine

Mouais... On parle de 2030, mais en 2040 on sera toujours en train de discuter. Bof.

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max-490

il y a 1 semaine

Les gens vont râler, mais au fond, est-ce qu'ils sont prêts à payer le prix pour une vraie transition ?

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Orphée

il y a 1 semaine

@max-490 La question c'est surtout : est-ce que les politiques sont prêts à assumer les décisions impopulaires pour y arriver ?

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LogicLover

il y a 1 semaine

Comparaison internationale : l'Allemagne a 50% d'énergies renouvelables, la France 20%. Et on parle de souveraineté ? On a du retard, oui. Mais surtout, on manque de volonté politique.

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QuantumLeap61

il y a 1 semaine

Ah, la souveraineté énergétique... Le mot magique qui fait vendre des rêves. Dommage que la réalité soit si loin derrière.

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Léo-79

il y a 1 semaine

Encore un rapport qui va finir dans un tiroir. On a l'habitude.

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Alexis_767

il y a 1 semaine

Le vrai problème, c'est la bureaucratie qui bloque tout projet d'infrastructure. Combien de temps pour faire passer une ligne électrique ? 10 ans ? 15 ans ? Pendant ce temps, les Allemands construisent leurs éoliennes en 2 ans. On est en train de perdre la bataille de la transition.

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Izarra

il y a 1 semaine

@alexis-767 Franchement, t'as déjà vu un projet d'infrastructure en France qui a été fait dans les temps ? Même pas en rêve.

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É

Éditorialiste anonyme

il y a 1 semaine

Bon... 60% d'électricité d'ici 2030. On verra si cette fois c'est sérieux. Ou si c'est juste un nouveau slogan pour calmer les écologistes avant les élections.

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Ingénieur perplexe

il y a 1 semaine

La France a pourtant toutes les cartes en main pour réussir sa transition énergétique : parc nucléaire performant, potentiel éolien et solaire. Le problème n'est pas technique, mais politique. Quand est-ce qu'on arrêtera de faire du court-termisme électoral ?

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datadriven

il y a 1 semaine

@ingenieur-perplexe Exactement ! Et pendant ce temps, l'Allemagne achète du gaz russe et nous on se prend la tête avec des débats sur le nucléaire. Franchement, on est en retard ou on veut l'être ?

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