Un choix budgétaire sous tension
La reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, annoncée par le gouvernement, suscite des réactions contrastées. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu justifie cette mesure par la nécessité de préserver les finances publiques, les critiques pointent un manque d'ambition pour les petites entreprises.
Une décision politiquement délicate
Dans une lettre adressée aux chefs d'entreprise dimanche 18 janvier, Sébastien Lecornu a reconnu l'impossibilité de baisser la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE), comme initialement prévu. Cette surtaxe, reconduite pour 2026, devrait rapporter 8 milliards d'euros, mais elle intervient dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions parlementaires.
"Dans la situation politique actuelle, face à un Parlement incontrôlable, il était difficile de faire mieux."
Michel Picon, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P), concède que le gouvernement a dû composer avec un contexte politique tendu. Cependant, il souligne que cette mesure ne résout pas la crise de la dette française, tout en limitant les marges de manœuvre des petites entreprises.
L'urgence d'un budget pour 2026
Pour Michel Picon, le véritable enjeu réside dans l'adoption rapide du budget 2026. L'absence de visibilité freine les investissements et les embauches, alors que les entreprises attendent des signaux clairs. Le Premier ministre doit trancher lundi 19 janvier sur l'outil constitutionnel à utiliser pour faire adopter ce budget.
Un contexte économique et politique fragile
Cette décision s'inscrit dans un paysage politique marqué par la crise des vocations politiques et une guerre des droites qui fragilise la majorité présidentielle. Alors que l'opposition de gauche dénonce une politique de rigueur injustifiée, la droite et l'extrême droite accusent le gouvernement de manquer de courage réformateur.
Par ailleurs, le rétablissement partiel de MaPrimRénov' pour les petites entreprises est présenté comme une lueur d'espoir, mais il ne suffit pas à apaiser les tensions. Dans un contexte de crise agricole et de politique sanitaire en questionnement, cette mesure fiscale pourrait alimenter les débats sur la justice sociale et la redistribution des richesses.